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Claude Vézeau a commis un délit d'initié sur ConjuChem

TVA Nouvelles

Alain Bisson
Le Journal de Montréal

Le grand patron de la biotech québécoise Innodia, Claude Vézeau, a reconnu sa culpabilité à une accusation de délit d’initié pour des transactions sur le titre d’une société au sujet de laquelle il détenait des renseignements privilégiés.

M. Vézeau a écopé mardi une amende de 5000$, soit un peu plus du double du profit qu’il avait réalisé avec l’achat et la vente rapides de titres de la firme ConjuChem CJB), a indiqué l’Autorité des marchés financiers (AMF) dans un communiqué émis hier.

Selon l’information fournie par Frédéric Alberro, porte-parole de l’AMF, M. Vézeau a acheté en deux temps, à 2,60$ et à 2,67$, 6 000 actions de ConjuChem le 21 août 2003. Dans les heures suivantes, la société, pour laquelle il siégeait au conseil d’administration, a dévoilé les résultats positifs d’une étude clinique sur un composé destiné au traitement du diabète de type II. La nouvelle a eu un effet tonique sur le titre. M. Vézeau a revendu ses actions le lendemain et empoché un profit de 2175$, a ajouté M. Alberro.

Le président et chef de la direction d’Innodia a d’abord plaidé non coupable à l’accusation déposée contre lui en avril 2004.

Contestation juridique

Puis, il a tenté de faire invalider l’accusation par la Cour du Québec en jouant de questions de procédures et de juridiction afin de contester l’étendue des pouvoirs de l’AMF.

M. Vézeau a fait chou blanc en décembre dernier quand la juge Micheline Dufour a rejeté ses prétentions.

C’est la même juge qui a entendu son plaidoyer de culpabilité et qui lui a infligé l’amende de 5000$.

Selon Frédéric Alberro, la sanction a été suggérée par les représentants de l’AMF et tenait compte du fait que M. Vézeau a perdu de l’argent sur les options qu’il a dû abandonner en quittant son poste au conseil de ConjuChem.

Il aurait également été écarté d’autres conseils en raison de cette affaire. Le Journal a tenté d’avoir les commentaires de M. Vézeau, qui a fait savoir qu’il n’avait rien à ajouter.