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Les agences de vin coûtent cher à la SAQ

TVA Nouvelles

Argent

Plusieurs Québécois souhaitent que le gouvernement secoue ses sociétés d’État alors qu’il s’apprête à puiser dans leur portefeuille pour améliorer son bilan financier. Certains experts croient qu’un coup de balai pourrait être donné à la SAQ pour alléger le fardeau des consommateurs et leur permettre d’économiser au moins 200 M$ par année.

Comment épargner une telle somme? En éliminant le recours aux agents accrédités qui représentent les producteurs de vin et d’autres alcools auprès de la Société des alcools du Québec. Ces intermédiaires, comme Vins Philippe Dandurand, Charton Hobbs, ou Univins, empochent des commissions qui oscillent entre 15% et 20% du prix coûtant facturé à la SAQ.

Les experts rencontrés par Argent estiment que l’abolition de cet intermédiaire permettrait de réduire le prix que versent les clients pour les produits de la SAQ. Dans une lettre ouverte publiée en 2006, Gaétan Frigon, l’ancien PDG de la SAQ était favorable à l’idée. Il estimait que les clients de l’institution pourraient épargner 150 M$ par année sur les prix de détail. Somme qui atteint aujourd’hui 200 M$ selon nos sources.

«Les agents sont en partie utiles pour les petits producteurs mais pour les grands blockbusters du vin c’est une autre histoire», commente Frédéric Laurin, économiste et auteur de Où sont les vins, déplorant qu’une dizaine d’agents empochent la majorité des commissions.

Dans sa missive publiée il y a quelques années, Gaétan Frigon soulignait que la Société des alcools pourrait éliminer les agents en acquérant ses produits sur des plates formes électroniques de transaction. Une méthode plus moderne qui par ricochet permettrait d’améliorer les prix.

Malgré tout, la SAQ juge ses prix concurrentiels et défend son association aux agences de vin. «Nos prix sont très concurrentiels si on les compare aux prix de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick», exprime Isabelle Merizzi, porte-parole de la société d’état, soulignant que les commissions des agents sont versées par les producteurs de vin et non pas par la Société des alcools.

Par contre, la SAQ précise qu’elle entretien des relations directes avec ses 2500 fournisseurs en affaire dans 65 pays. «Les agents sont des facilitateurs. Ils nous permettent d’avoir un joueur de plus sur le terrain pour alléger le processus», explique Mme Merizzi.

Le Québec compte près de 400 agences de vin qui emploient environ 1000 Québécois. Leur mandat est de s’assurer que les produits qu’ils représentent obtiennent le meilleur positionnement possible sur les tablettes de la SAQ.

«Il n’y a aucun producteur de vin et aucune marque internationale qui peut se passer d’un agent commercial», affirme Daniel Richard, propriétaire de l’agence Univins et président de l'Association québécoise des agences de vins, bières et spiritueux. Celui qui œuvre dans le milieu viticole depuis une vingtaine d’années compare les agences à des départements de marketing.

«Même Rolex a un agent commercial au pays! On peut pas vendre un produit sans ventes et marketing», explique-t-il, soulignant que le Mouton Cadet n’aurait pas la même notoriété si des agents ne l’avaient pas publicisé depuis une cinquantaine d’années.