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Une «agence de rencontre» pour entreprises et investisseurs

TVA Nouvelles

Michel Munger
Argent

Un des pionniers de l’investissement sur le Web veut rendre les rencontres entre entreprises et investisseurs plus accessibles pour les compagnies de petite taille.

La société new-yorkaise Instinet, spécialisée dans les services liés au courtage, vient de lancer Meet the Street. Cette «agence de rencontre» a pour but de faciliter l’organisation de réunions entre les entreprises et ceux qui s’intéressent à y investir.

Meet the Street est disponible au Canada et aux États-Unis.

Lorsqu’une entreprise veut organiser une «sortie» dans une ville précise afin de rencontrer des investisseurs potentiels et gestionnaires de portefeuille, elle fait habituellement affaire avec de grands noms comme Goldman Sachs ou la Banque Royale.

Meet the Street agit plutôt à titre de lien direct par l’entremise d’Internet. Une compagnie qui cherche à rejoindre un marché proposera une réunion. Les participants inscrits qui déclarent leur intérêt pour une entreprise ou ses concurrentes peuvent alors se faire contacter par courrier électronique afin d’y prendre part. Ceux qui sont ciblés peuvent indiquer leurs préférences pour le moment choisi.

L’individu ne paie que pour les rencontres, soit 1000 $ pour les réunions tête à tête et 200 $ pour celles de groupe.

Selon Instinet, Meet the Street a un important rôle à jouer car il est plus difficile pour les petites compagnies de trouver leurs investisseurs. Selon ses chiffres, le nombre d’analystes financiers aux États-Unis a chuté à moins de 3000, comparativement à plus de 16 000 à l’an 2000. Moins nombreux, les analystes se concentrent sur les grandes sociétés pour organiser des rencontres.

Se rapprocher des Américains

Marc Dowd, directeur des communications chez Instinet, indique que selon les chiffres à l’interne, 80% des entreprises canadiennes ne sont pas couvertes par des analystes. Il y a là un grand potentiel.

«Nous avons passé pas mal de temps à discuter avec des clients et gestionnaires de relations avec les investisseurs, explique-t-il. Nous sommes confiants, surtout auprès des petites et moyennes capitalisations, qui n’ont pas les moyens de rejoindre leur public.»

Pour une société établie au Canada, Meet the Street élargirait son bassin d’investisseurs. «Nous sommes un gros courtier aux États-Unis, occupant 4% des volumes d’échange, dit M. Dowd. Rejoindre les gestionnaires de portefeuilles de 1200 entreprises intéresse certainement les compagnies canadiennes.»

Mark Dowd cite aussi des sondages réalisés par Instinet pour affirmer que 40% des grandes entreprises aimeraient avoir davantage de contrôle sur les réunions organisées. «Leur investisseur modèle est celui qui achète des millions d’actions et les conserve pour deux ans ou plus. Le client de la banque d’investissement est plus actif, rapportant davantage de commissions. Il y a un conflit sur le choix de l’investisseur que la compagnie veut voir et celui que la banque veut lui présenter.»

«Si vous êtes un gestionnaire qui veut voir le PDG de Bombardier, celui qui va organiser la rencontre va lui montrer ses meilleurs clients, illustre M. Dowd. Si vous n’en faites pas partie, vos chances de le rencontrer sont faibles.»

Sur Internet : le site de Meet the Street