/news/homepage

2 enquêtes sur la mort de Jeannine Lefebvre

TVA Nouvelles

TVA Nouvelles a appris que le décès de Jeannine Lefebvre fera l'objet d'une enquête du coroner et d'une enquête administrative de l'Agence de la Santé et des Services sociaux de la Montérégie.

La femme de 79 ans, qui souffrait de paralysie partielle, a perdu la vie après avoir été brûlée sur 75% de son corps, alors qu’elle faisait cuire une soupe. La fille de la victime affirme avoir tenté à de nombreuses reprises d’obtenir des services à domicile pour sa mère.

La ministre déléguée aux Services sociaux, Lise Thériault, qui a dit comprendre la détresse des proches de la défunte, n’a pas tardé à lancer une enquête sur la question. «J’ai demandé à Mme Claire Pagé, qui est la directrice de l’Agence de la Santé de la Montérégie, de faire la lumière, de poser des questions sur ce qui est arrivé, de remonter l’historique pour voir qu’est-ce qui s’est passé, si on avait pu faire les choses différemment», a expliqué la ministre.

La tragédie n’a cependant pas manqué de faire réagir. Le porte-parole de l'opposition en matière de Santé, Bernard Drainville, a été ébranlé par le triste dénouement de cette histoire. «Ça n’a pas de bon sens que quelqu’un meurt de cette façon-là, dans notre société d’aujourd’hui, s’est-il insurgé. Tu ne peux pas faire autrement que de t’imaginer les souffrances qu’elle a vécues. C’est une mort horrible, et ce n’est pas acceptable.»

Plusieurs personnes ont montré du doigt la difficulté à obtenir des soins à domicile. «On a besoin d’aide, a déploré la fille de la victime, Lucie Lefebvre. Ils ont besoin de HLM. Ma mère voulait juste un petit logement supervisé.»

La présidente du Regroupement des aidants naturels du Québec, Lily Tremblay, estime que les besoins sont grands en terme de services à domicile. «Il manque des employés, il manque de monde, il manque de préposés aux bénéficiaires, il manque d’auxiliaires familiales.» Elle croit qu’il y a un problème d’allocation des ressources. «Les services qui sont là, de soutien à domicile, ils manquent de ressources. Les ressources vont où? On ne le sait pas.»

Bernard Drainville abonde dans le même sens. «J’hésite à blâmer les gens du CLSC parce qu’ils fonctionnent avec les moyens qu’ils ont. Assez souvent, on nous dit: écoutez, on aimerait ça avoir plus d’infirmières qui vont à domicile, mais on n’a pas les moyens de les embaucher. Il y a une part de responsabilité là-dedans qui revient à nos dirigeants.»

Lucie Lefebvre trouve quant à elle la situation déplorable. «Est-ce qu’il va falloir que la population se mette ensemble, que tous les gens qui vivent la situation que je vis se mettent ensemble et qu’on fesse dans la société pour pouvoir être entendus?»

(TVA Nouvelles)