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15 millions $ de plus pour la SAQ en 2011

TVA Nouvelles

La Société des alcools puisera 15 millions $ de plus dans les poches des consommateurs en 2011, grâce à l'effet combiné d'une majoration généralisée des prix et de l'augmentation imposée sur les spiritueux depuis mars dernier.

Dorénavant, les prix de tous les produits offerts à la SAQ seront indexés annuellement, et la société d'État a fixé la majoration à 75 pour cent du taux de variation de l'Indice des prix à la consommation.

La hausse imposée à compter du 2 février 2011 sera donc de 5 cents sur le prix d'une bouteille de vin de 15$, et de 5 cents sur les contenants de spiritueux.

Cette majoration, la première imposée depuis 2002, permettra à la SAQ d'encaisser 5 à 6 millions $ de plus en 2011.

En ajoutant l'effet de la hausse des prix de 3 pour cent des spiritueux et de 2 pour cent sur les liqueurs imposée depuis mars dernier, qui générera 8 à 10 millions $ de plus sur une base annuelle, la SAQ est donc assurée de puiser 15 millions $ de plus en 2011.

«L'indexation, c'est quelques cents par bouteille et il faudra être attentif pour s'en rendre compte», a soutenu la directrice des affaires publiques, Isabelle Merizzi.

Selon elle, la SAQ se devait de bouger pour stopper l'érosion de sa marge bénéficiaire, après avoir maintenu au même niveau le prix de base des vins pendant près de huit ans.

«On pense que le consommateur est capable de nous suivre là-dedans. Nous avons voulu limiter l'impact alors ce mécanisme annuel évite une hausse plus importante d'un seul coup», a-t-elle ajouté.

Malgré des profits faramineux

Pourtant, la Société des alcools enregistre déjà d'excellents résultats, ayant annoncé une croissance de 3,3 pour cent des ventes au deuxième trimestre de 2010-2011, ainsi qu'une hausse de 2,6 pour cent de son bénéfice net, qui a atteint 215 millions $.

En 2009-2010, la SAQ avait bouclé son année financière avec un bénéfice net de 867 millions $, en hausse de 7,5 pour cent sur l'année précédente.

La porte-parole admet du bout des lèvres que la majoration n'était pas absolument nécessaire, mais qu'elle reflète l'augmentation de l'offre de services de la SAQ.

«Les prix de nos fournisseurs ont augmenté, puis nous rendons maintenant disponibles 10 500 produits que nous allons chercher partout dans le monde», a-t-elle argué.

Par ailleurs, elle précise que dès le premier janvier, ce sont les effets de la hausse d'un point de pourcentage de TVQ que les consommateurs risquent davantage de remarquer sur le prix de leurs bouteilles de vin préférées.

«La TVQ est comprise dans le prix affiché sur les tablettes, et l'impact devrait être de 10 à 15 cents sur une bouteille moyenne», a précisé Mme Merizzi.

La SAQ assure qu'elle ajuste régulièrement le prix de ses produits en fonction de la fluctuation des devises étrangères.

Selon la directrice des affaires publiques, Isabelle Merizzi, le public a profité de la dévaluation récente de l'euro ou du dollar américain.

«Dès qu'il y a une variation de trois à quatre pour cent, nous appliquons le changement sur le prix en succursale», a-t-elle affirmé, précisant toutefois que seulement 2 pour cent des produits de la SAQ sont transigés en dollar américain, contre 20 pour cent en euro.

Au cours de la dernière année, les réductions de prix les plus importantes ont été observées sur les vins européens. Ainsi, Mme Merizzi donne l'exemple du populaire espagnol Hoya de Cadenas, qui se détaillait à 10,95$ en août dernier, alors qu'il se vendait 12,55$ à la même période en 2009.
Dans les produits américains, la porte-parole cite le Pinot noir La Crema Sonoma, dont le prix est passé de 30,75$ à 29,70$ entre le 1er décembre 2009 et le 10 novembre dernier.

«Nous avons modifié les prix pratiquement chaque mois», a-t-elle insisté.

Elle précise toutefois que beaucoup de vins européens sont transigés en dollar canadien, afin d'assurer une certaine stabilité dans les prix.

«Par exemple, le Mouton Cadet, un français très connu, se transige en devise canadienne, ce qui n'est pas mauvais parce que, sur plusieurs années, l'euro a été plus souvent élevé que bas», a-t-elle conclu.