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Un bond de près de 10 cents

TVA Nouvelles

Le prix à la pompe a fait un bond de près de 10 cents en soirée pour atteindre jusqu'à 1,33$ dans la région métropolitaine.

Les automobilistes se sont d'ailleurs précipité dans certaines stations-service qui affichaient toujours un prix de 1,24$.

Cette nouvelle hausse n'est pas une surprise. Pour la seconde fois en deux jours, le prix du baril de pétrole a franchi, mercredi, la barre des 100 $ US à 102,05 $ US, un record de 30 mois.

Si on ajoute à cela la marge de raffinage qui se maintient aux niveaux atteints en mai 2007, le prix que les automobilistes paient à la pompe risque fort d'atteindre, lui aussi, des sommets.

Pour les détaillants, le coût d'acquisition se situe autour de 1,22$.

Troubles au Moyen-Orient

La flambée des cours du pétrole devrait se poursuivre tant que les troubles géopolitiques au Moyen-Orient ne seront pas réglés. La pression se maintiendra donc sur le prix de l'essence à la pompe qui se trouve déjà à son plus haut niveau depuis octobre 2008.

«Ce qui compte, ce n'est pas tant ce qui se passe dans le monde arabe que ce que les spéculateurs perçoivent de ce qui se passe dans le monde arabe. Plus ils ont l'impression qu'il y a possibilité de pertes, plus ils font monter le prix du baril pour s'assurer d'une certaine stabilité.», dit Bertrand Schepper. chercheur à l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS).

Évolution du coût d'acquisition à Montréal . Le cercle rouge correspond à la crise dans le monde arabe.

La tendance pourrait se poursuivre, selon plusieurs experts qui estiment que la crise qui secoue la Libye risque de se propager ailleurs. Des journées de protestations sont prévues en Arabie saoudite, le plus gros producteur de pétrole de la région, et les dissidents font aussi entendre leur voix en Iran et en Algérie.

La révolte arabe, un prétexte?

Le rédacteur en chef d'Autonet, Marc Bouchard, croit que les pétrolières profitent de toutes les occasions pour hausser leurs prix. La crise dans le monde arabe n'y fait pas exception.
«La procédure des pétrolières, elle est un peu en escalier, illustre-t-il. On nous amène à un sommet très dispendieux, puis on baisse progressivement. Mais on laisse toujours ça plus cher qu'il était auparavant.»

Bientôt à plus de 2,00$?

Et selon cet expert, les automobilistes n'ont encore rien vu. «D'ici quelques années - peut-être trois ou cinq ans -, on va se retrouver à parité avec le pétrole européen, à 2,00 ou 2,25$ le litre. Mais ce sera probablement le prix réel du pétrole à ce moment-là.»