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Liberté 65 : une nouvelle réalité

TVA Nouvelles

Augmentation des cotisations à la RRQ, pénalités accrues pour les retraites hâtives, incitatifs financiers pour ceux qui continuent de travailler après 65 ans: le budget Bachand tente d'instaurer une petite révolution dans les retraites québécoises.

Voir notre texte principal sur le budget

Il faut dire que de plus en plus de Québécois cessent de travailler avant 65 ans, une situation qui, jumelée au vieillissement de la population, coûte cher au trésor québécois.

Le ministre des Finances veut donc inciter les 65 ans et plus à demeurer au travail. Un crédit d'impôt est instauré sur les gains et près de 100 000 «travailleurs d'expérience» en bénéficieront, estime M. Bachand.

Une fois mise en place, l'an prochain, cette mesure coûtera 35 millions $ au gouvernement du Québec qui prévoit que ce crédit d'impôt entraînera des dépenses de 120 millions $, dans cinq ans.

En outre, dès 2013, les pénalités seront augmentées pour ceux qui réclament des prestations avant 65 ans, exactement comme au fédéral. Et ceux qui attendent après 65 ans toucheront davantage, soit jusqu'à 115 $ par mois à 70 ans.

Enfin, le gouvernement autorise un régime d'épargne retraite volontaire pour tous les travailleurs québécois. Il s'engage à faire les ajustements légaux avec Ottawa pour forcer les employeurs à proposer des régimes d'épargne à leurs travailleurs qui auront la possibilité d'y renoncer, s'ils le désirent.

Les employeurs ne seront pas tenus de cotiser au régime volontaire d'épargne retraite de leurs employés, mais ils paieront pour les déductions à la source. La mesure vise à augmenter l'épargne des Québécois puisque la moitié d'entre eux n'ont aucun fonds de retraite.

Renflouer les coffres

Pour renflouer les coffres de la Régie des rentes (RRQ), Québec augmente timidement les cotisations des travailleurs moyens et des employeurs de 53 cents par paie. La province offre aussi un nouveau crédit d'impôt, qui lui coûtera 35 millions $ l'an prochain, pour garder au travail les 65 ans et plus.

Le gouvernement Charest a donc choisi de procéder graduellement avec la hausse des cotisations à la RRQ plutôt que d'y aller d'un seul coup. Dès janvier prochain, les prélèvements sur le salaire des travailleurs seront rehaussés de 0,15 % chaque année et pendant les sept prochaines années.

Ainsi, le taux de cotisation, tant pour les employeurs que pour les salariés, sera porté de 9,9 % (actuel) jusqu'à 10,80% d'ici 2017. En un an, cela représente une augmentation de 53 cents par semaine pour un salarié moyen qui gagne 40 000 $ par année. Même chose pour l'employeur.

Le salaire maximal admissible en 2011 sera de 48 300 $. Un travailleur qui gagne cette somme paiera 33,60 $ de plus au fonds de retraite québécois par année, soit 65 cents par semaine.

Globalement le gouvernement du Québec percevra 170 millions $ de plus en 2012 dans les poches des travailleurs et des employeurs québécois. Dans sept ans, s'il conserve ce plan, il empochera 1,3 milliard $ pour remettre à flot la RRQ qui, autrement, aurait été à sec à compter de 2039.



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