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Alerte au tétanos et aux moustiques

Reynold Marquez

Les sinistrés des inondations en Montérégie sont loin d'être au bout de leur peine. Après la crue des eaux, les risques de contracter le tétanos et une infestation de maringouins représentent de nouvelles menaces à leur bien-être.

La situation que vivent les sinistrés n'est pas sans rappeler le scénario des Dix plaies d'Égypte tiré d'un récit de la Bible.

Avec les inondations des trois dernières semaines, les matières fécales des fosses septiques se sont mélangées à l'eau de la rivière Richelieu qui submerge désormais les champs, les rues et les résidences des sinistrés de cette région du sud de Montréal.

Dans l'eau souillée

« Cette eau est une eau souillée. Les risques de contracter le tétanos sont beaucoup plus élevés que normalement », a expliqué, au Journal, Nicole Payant, responsable de la Santé publique pour la Montérégie.

Le tétanos est une maladie qui entraîne des raideurs au niveau de la mâchoire, des muscles et des articulations, ajoute Mme Payant.

Vaccination en cours

Les autorités de la santé prennent l'affaire au sérieux, au point où quelques cliniques de vaccination préventive contre le tétanos ont été tenues, depuis le 11 mai, dans diverses municipalités.

Déjà 500 personnes ont reçu le vaccin préventif.

Les personnes qui présentent les symptômes du tétanos doivent se rendre, sans tarder, à l'urgence pour se faire traiter, prévient Mme Payant.

«Ça prend un traitement d'envergure par antibiotiques, pour guérir de cette maladie», recommande-t-elle.

«Les résidants qui réintègrent leur maison iront faire des réparations. Ils pourraient se blesser avec un clou contaminé par l'eau, ce qui peut aussi leur faire attraper cette maladie», ajoute Mme Payant.

Ce n'est pas tout : une autre menace guette les habitants de la région de Saint-Jean-sur-Richelieu: la prolifération des maringouins.

Ça va piquer !

«Avec les inondations, les nappes d'eau stagnantes sont encore plus importantes. Cela favorise la multiplication de maringouins et autres insectes piqueurs», explique Marc Ouellette, directeur de l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires.

En cas de grande chaleur ou d'humidité, au cours des prochaines semaines, la saison des maringouins pourrait être beaucoup plus intense que par le passé, pour les sinistrés.

Plusieurs d'entre eux se disent peu surpris d'apprendre la nouvelle.

«Ça va être l'enfer, anticipe Jean-Guy Roy, un sinistré. Les maringouins naissent dans les petits marécages. Avec les inondations, toute la région est devenue un immense marécage.»

Les autorités municipales reconnaissent que les maringouins pourraient, en effet, représenter une problématique.

«Mais, pour le moment, on se concentre sur les problèmes immédiats de santé et de sécurité», explique Sylvain Latour, chef du cabinet du maire Gilles Dolbec de Saint-Jean-sur-Richelieu.

En plus du tétanos et des maringouins, d'autres infections guettent les sinistrés, dont le virus du Nil, qui cause une forte fièvre.

«Je ne veux alarmer personne, mais il faut comprendre que, en temps d'inondations, les risques de maladies infectieuses deviennent plus importants», prévient Marc Ouellette.