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Du courrier toujours en retard

TVA Nouvelles

La grève des postes est terminée, mais le service reprend très lentement. Trop au goût des certains travailleurs autonomes qui attendent leurs chèques depuis plus d'un mois. Tel que l'avaient prédit quelques analystes, les services de paiement en ligne trouvent preneur.

«J'attends des chèques qui ont été envoyés il y a plus de 30 jours par certains de mes clients. Je n'ai pas un aussi gros coussin financier qu'une grande entreprise. Je dois piger dedans pour défrayer mes coûts», explique Cendrine Théard, travailleuse autonome en ressources humaines.

Il y a plus de 550 000 travailleurs autonomes au Québec, soit environ 15% du marché du travail. Il s'agit d'une augmentation de 20% entre 2001 et 2009, selon l'Institut de la statistique du Québec.

Le problème de retard est répandu. «Plusieurs membres nous ont raconté que la grève leur avait causé des problèmes similaires. La marge de crédit en prend inévitablement un coup et les intérêts s'accumulent», indique Louis-Thomas Deschênes, porte-parole du Réseau des micro-entreprises et des travailleurs autonomes de Québec-Lévis.

Pendant ce temps, les travailleurs autonomes sont tout de même tenus de payer leurs dus. «Certains de nos fournisseurs sont tolérants. Le gouvernement, lui, ne repousse aucune échéance. Nous devons payer la TPS et la TVQ tel que prévu, même si l'argent ne rentre pas», se désole Cendrine Théard.

Certains travailleurs autonomes ont aussi des problèmes avec le Registraire des entreprises de la province.

«De nombreux certificats de constitution, qui attestent qu'une entreprise existe légalement, sont perdus dans la poste. Bien sûr, on peut commander une copie par messagerie privée, mais cela implique des coûts et des délais», ajoute Louis-Thomas Deschênes.

Tant qu'elle n'a pas reçu ce document, une entreprise ne peut ouvrir un compte bancaire, ou obtenir de couverture d'assurance.

La poste perd des clients

Les grandes entreprises refusent souvent d'annuler le chèque qui se fait attendre et d'émettre un autre paiement. «C'est complexe. Parfois la comptabilité est faite à l'étranger. On ne veut pas payer de frais de remplacement. On nous fait donc attendre», illustre Cendrine Théard.

La lenteur du service postal complique la réception de chèques, mais aussi l'émission de paiements. Pour s'assurer de ne pas se faire prendre une deuxième fois, bon nombre d'entreprises font le saut sur le Web.

«Nous nous sommes inscrits au paiement en ligne auprès de notre banque pour payer plusieurs de nos clients. Cela prend deux mois avant d'entrer en fonction, nous devons donc toujours distribuer nos chèques en personne, ou utiliser la messagerie privée», raconte Nathalie Lachance, entrepreneure dans domaine du développement Internet.

«Au moins, on est prêt pour la prochaine grève», dit-elle.