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«Ces choses-là sont toujours étonnantes»

TVA Nouvelles

Le Devoir a décidé de porter plainte à la police après que son site web eut été la cible de pirates informatiques dans la nuit mardi: un article annonçant la mort de Jean Charest y avait été publié à 1h09.

L'article, qui tenait en un court paragraphe, mentionnait que le premier ministre était décédé d'une crise cardiaque au CHUM dans la nuit de mardi, et que l'établissement de santé avait confirmé la nouvelle.

L'attaché de presse du premier ministre, Hugo D'Amours, et la porte-parole du CHUM, Nathalie Forgues, ont rapidement démenti la nouvelle dans les heures suivantes.

L'encyclopédie sur Internet Wikipédia a fort probablement reçu la visite des mêmes pirates, puisque la date du faux décès de M. Charest avait été ajoutée à la page dédiée au premier ministre. Elle a cependant été rapidement retirée.

Un cadre à la rédaction du Devoir a également indiqué à l'Agence QMI qu'il s'agissait d'un canular et que le site avait probablement été piraté. Par ailleurs, le site a été mis hors service vers 2h30, avant d'être de retour en ligne, peu après 4h.

L'équipe de rédaction du Devoir a publié un court communiqué démentant la nouvelle sur son site web, moins d'une heure plus tard.

«En début de nuit, Le Devoir.com a publié un texte annonçant le décès de Jean Charest. Cette nouvelle, qui a rapidement été reprise par des postes de radios, et par différents abonnés Twitter, était fausse. Selon les informations dont nous disposons en fin de nuit, notre site aurait été piraté.

Nous poursuivons nos recherches pour savoir ce qui s'est passé exactement. Nous offrons évidemment toutes nos excuses au premier ministre, ainsi qu'à nos lecteurs. Le Devoir ne peut pas commenter davantage tant qu'il n'aura pas identifié la source du problème.»

«En chair et en os»

Question de dissiper tout soupçon quant à l'état de santé du premier ministre, son cabinet a convoqué les médias en fin d'avant-midi afin de rencontrer Jean Charest «en chair et en os».

Loin d'avoir l'air préoccupé, le principal intéressé a plutôt réagi sur une note d'humour. «(Quand je l'ai appris) j'étais en train de faire mes exercices. Je me suis dépêché d'aller regarder dans le miroir si j'étais encore là! [...] Ces choses-là sont toujours étonnantes, mais je dois dire que le journal Le Devoir a réagi très promptement», a dit M. Charest.

«Gros et grossier», dit Josée Boileau

La rédactrice en chef du Devoir, Josée Boileau, a elle aussi réagi ce matin. En entrevue à LCN, elle s'est dite désolée de la situation.

Selon la rédactrice en chef, qui a été avertie de la situation vers 2h30 du matin, il a été impossible de publier un rectificatif immédiatement, car l'équipe ne pouvait effectuer cette opération. «Pendant au moins une heure encore, on n'a pas été capable d'enlever la nouvelle et de mettre nous-mêmes un rectificatif», a-t-elle soutenu.

«Aujourd'hui, l'information circule tellement rapidement que même à 2h ou 3h du matin, il y a quand même des gens pour relayer cette information», a ajouté Josée Boileau.

Josée Boileau a ajouté que l'équipe technique tente actuellement de trouver la source de cette opération de piratage. Elle a dit ne pas avoir d'indication, pour le moment, sur le ou les responsables de cet acte. Elle a aussi affirmé que le tout fut «gros et grossier» et que cette histoire n'en restera pas là.