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Une chute à pitons ou un projet rentable?

Marie-Claude Paradis-Desfossés

Deux cents citoyens de Sainte-Ursule ont assisté à une rencontre d'information, jeudi soir, au Centre communautaire de la municipalité.

C'est que le projet de construction d'un barrage hydroélectrique est loin de faire l'unanimité. Si certains citoyens se sont dits rassurés à la fin de la rencontre qui a duré plus de deux heures, la plupart soutiennent qu'il y a encore trop de questions sans réponses et qu'ils veulent protéger la chute, une beauté naturelle qui fait la fierté du coin.

Un milieu naturel en péril?

Le projet de près de 10 millions$ soulève plusieurs questions. Des dizaines de citoyens craignent que la construction de la centrale ne défigure le site, qu'ils considèrent comme un joyau naturel.

«Je crains que le paysage change. Les touristes ne viendront plus. C'est impossible que l'environnement ne soit pas dérangé! On va se retrouver avec une chute à pitons», s'indigne une citoyenne.

D'autres s'inquiètent de voir la faune se détériorer. «Il y a une frayère à Maskinongé dans la rivière, juste au bas de la chute. Que va-t-il se passer avec ces poissons? Moi je suis contre la centrale!», ajoute un résidant de Saint-Justin, village voisin à Sainte-Ursule.

Le coût et la rentabilité

Le dépassement des coûts de construction ainsi que la garantie que la future centrale puisse, comme promis, assurer la production de 1,8 MW, sont aussi des points qui ont suscité plusieurs interrogations.

Des représentants de la firme d'ingénierie BPR, qui a monté le dossier avec la municipalité, se sont montrés rassurants. «Nous avons mesuré le débit à chaque jour et selon nos prévisions, c'est ce qui sera produit.»

Quant au dépassement du coût de la construction, le maire Rejean Carle soutient que le projet est évalué réellement à 7,5 millions$ mais qu'il préfère prévoir un budget supérieur, s'élevant à 10 millions$, en guise de protection. «Même avec 10 millions c'est rentable. Ça veut dire des retombées économiques de 250 000$ annuellement, pendant 20 ans'', dit-il sans toutefois assurer que la construction ne dépassera les 10 millions$.

Pour sauver le parc?

Le président du conseil d'administration du Parc des Chutes a quant à lui soutenu que le projet de centrale hydroélectrique assurerait la pérennité du site. «Nous sommes toujours au bouchon. Il faut réparer nos installations mais nous n'en avons pas les moyens. Ce projet est plus que nécessaire!'»

Invitation à signer le registre

Le Comité de sauvegarde du Parc des chutes et des membres de la Fondation les rivières, deux groupes qui s'opposent au projet de barrage hydro-électrique, étaient aussi présents à la rencontre. Ils ont fortement invité les gens à signer le registre contre le projet, le 1 septembre.

Il faudra 141 signatures pour forcer la tenue d'un vrai débat sur l'implantation d'une centrale hydroélectrique. Sinon, la construction pourrait débuter au printemps 2012.

Le magistrat de la municipalité demeure confiant que la population appuiera le projet.