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Trop d'élus à Montréal?

TVA Nouvelles

Y a-t-il trop d'élus, trop d'arrondissements à Montréal? La chef de l'opposition à l'Hôtel de Ville croit que oui et elle exige un débat public sur la question.

Louise Harel et son parti politique, Vision Montréal, étaient réunis ce matin en caucus pour discuter notamment de ce dossier. «Il y a un problème à Montréal avec trop de bureaucratie, trop d'élus et trop de taxes», a déclaré Louise Harel.

Lors d'un point de presse, Madame Harel a dit qu'elle s'opposerait à la reconduction du cadre électoral actuel de la Ville de Montréal jusqu'en 2017, ce qui va maintenir le nombre d'élus à 103.

La Ville de Montréal compte 1 621 000 habitants, 19 arrondissements, 1 maire, 84 conseillers municipaux et conseillers d'arrondissement et 19 maires d'arrondissement, pour un total de 103 élus.

«Courtoisie de l'administration Tremblay/Zampino, le nombre total d'élus sur l'actuel territoire de la Ville de Montréal est passé de 73 en 2005 à 103 aujourd'hui - trente élus de plus à la charge de la Ville; une augmentation de 40% dont l'effet pervers a été de créer d'importants écarts de représentativité entre les élus qui siègent au Conseil municipal», affirme Mme Harel.

Photo: Agence QMI

Par exemple, le conseiller de ville de l'arrondissement L'Île-Bizard/Sainte-Geneviève représente 13 150 électeurs, alors qu'un conseiller de ville dans l'arrondissement de Rosemont/Petite-Patrie représente 24 200 électeurs. «Cet écart de représentativité déroge à ce qui est généralement acceptable par le DGEQ et mérite que l'on se penche très sérieusement sur le nombre d'élus que nous avons à Montréal», poursuit madame Harel.

La Ville de Montréal a même plus d'élus que la Ville de Toronto. Pour desservir les 4 millions d'habitants, la Ville de Toronto compte 44 arrondissements, 1 maire et 44 conseillers municipaux, pour un total de 45 élus.

La Ville de Calgary compte 15 élus pour 988 200 habitants, Québec a 28 élus pour 511 800 habitants et Ottawa, 24 élus pour 870 250 habitants.

«La démarche qu'on nous demande d'approuver dans la précipitation ne tient pas compte des voix de plus en plus nombreuses qui réclament un véritable débat public sur la gouvernance de la Ville de Montréal. En plus, le cadre électoral de 2005 que le maire souhaite reconduire jusqu'en 2017 est basé sur le recensement de 2001 et ne correspond plus, dix ans plus tard, à la réalité démographique montréalaise», ajoute Louise Harel.

Louise Harel veut un débat public

«On veut discuter de la raison pour laquelle nous avons autant d'élus, a dit Louise Harel, chef de Vision Montréal. C'est trop lorsqu'on se compare à Toronto, Vancouver, Québec, etc.»

Mme Harel refuse toutefois de donner un nombre d'élus qui lui semblerait plus raisonnable. Elle n'exclut pas de regrouper certains arrondissements afin de réduire la quantité d'élus.

Si le maire Tremblay et son parti, Union Montréal, demeurent sur leurs positions, Mme Harel promet de porter le dossier au gouvernement du Québec.

«On veut simplement en discuter, a souligné Mme Harel. On tient des séances publiques sur presque tous les sujets à Montréal. Pourquoi pas là-dessus?»

 

Photo: Agence QMI

L'opposition divisée

La réponse d'Union Montréal à la sortie de Mme Harel a été virulente. Pas question pour le parti du maire Gérald Tremblay de se lancer dans des discussions sur le cadre électoral. «On a déjà perdu trop d'énergie avec les fusions, défusions », a déclaré Marvin Rotrand, leader de la majorité au conseil.

En réaction, Marvin Rotrand, leader de la majorité au conseil municipal de Montréal, est contre la proposition de Louise Harel d'ouvrir un débat public sur cette question. «Pour nous, ça fonctionne bien. On ne veut pas ouvir la boîte de Pandore pour faire un autre dix ans de discussions sur les structures.»

Monsieur Rotrand affirme qu'il y a eu trois débats sur les structures à Montréal au cours des dix dernières années et que cela suffit. Il ajoute que la Ville de Montréal fonctionne bien avec l'administration actuelle.

«Elle est la ministre qui a fait les fusions forcées. La ministre qui a structuré la Ville comme elle est. Get a life!», a lancé avec virulence M. Rotrand. Il accuse la chef de l'opposition de vouloir réduire la démocratie à Montréal.

M. Rotrand indique que l'administration Tremblay préfère se pencher sur le développement économique, les infrastructures et les transports en commun

Richard Bergeron de Projet Montréal n'est pas opposé à une réflection sur ce sujet, mais avoue que les décisions seront difficiles. «Quels arrondissements compte-t-on éliminer pour abaisser le nombre d'élus à Montréal?»

Masse salariale des élus

La masse salariale des élus de la Ville de Montréal s'élève à 12 M$. Un conseiller municipal gagne 49 144 $ et ont des allocations de dépenses de 14 759 $. Un attaché politique gagne un salaire entre 45 000 $ et 100 000 $.