/news/law

Québec Érotique poursuivi

Éric Thibault

Le magazine Québec Érotique et sa propriétaire, Estelle Caron, font l'objet d'une poursuite de 75 510 $ par BMO Groupe financier, qui allègue avoir été victime d'«opérations frauduleuses».

L'institution financière réclame le montant des pertes encourues par une série de chèques sans provision, selon le recours intenté, à la fin octobre, devant la Cour supérieure, dans le district judiciaire de Saint-Hyacinthe.

La banque soutient qu'Estelle Caron a tiré des chèques sur son compte personnel, à la succursale de Sherbrooke de la Banque HSBC Canada, totalisant 75 000 $, les 2 et 3 septembre dernier. Les chèques étaient libellés, en parts égales, à son nom personnel, à Québec Érotique inc., ainsi qu'à Québec Érotique Web.TV.Certains furent déposés au guichet automatique et un autre, au comptoir d'une succursale de la BMO (Banque de Montréal).

Multitude d'opérations

«Le 6 septembre 2011, la défenderesse Caron effectuait une multitude d'opérations de débit» totalisant plus de 77 400 $, «alors qu'elle savait ou aurait dû savoir qu'elle ne disposait pas des fonds nécessaires pour honorer les chèques qu'elle avait portés au crédit desdits comptes auprès de la demanderesse», plaide l'institution financière dans sa requête.

Les comptes bancaires des défenderesses se sont donc retrouvés à découvert pour des montants totalisant 75 510 $.

Le 15 septembre, BMO a convoqué Estelle Caron à une rencontre avec son directeur régional «mais celle-ci ne s'est jamais présentée». La banque fait valoir que les parties visées «s'esquivent, refusent ou négligent toujours de rembourser à la demanderesse les découverts bancaires» en question. Et ce, «sans explication ni justification aucune».

BMO Groupe financier ajoute qu'Estelle Caron est «personnellement responsable des pertes résultant de ses opérations frauduleuses» puisqu'elle a émis tous ces chèques sans provision et a effectué toutes les transactions subséquentes en cause.

400 000 $ de revenus par an

La revue Québec Érotique générerait plus de 400 000 $ de revenus par année, écrivait le juge Pierre Nollet, de la Cour supérieure, en juillet dernier.

Le juge Nollet avait alors condamné le bar de danseuses Le Garage à verser plus de 10 000 $ en dédommagement à deux mannequins qui avaient posé pour le calendrier promotionnel de ce cabaret de Mirabel, sans savoir que leurs photos seraient ensuite publiées dans les pages de Québec Érotique.

Ex-propriétaire fustigé

Dans ce jugement, le magistrat en avait profité pour déclarer que l'ancien propriétaire de ce magazine, Eric Grenier, vivait «en marge de la loi» en ne déclarant «aucun revenu à l'impôt».

Eric Grenier, 38 ans, avait admis au tribunal que les revenus de Québec Érotique s'élevaient de 30 000 $ à 40 000 $ par mois.

De plus, il avait avoué que pour s'acquitter de ses versements hypothécaires de 3 400 $ par mois sur sa propriété de Mirabel, évaluée à plus de 500 000 $, il faisait des prêts avec intérêts, dans la rue, qui n'étaient pas déclarés. Il a vendu la revue après la tenue de ce procès.

En août dernier, Grenier, un proche du milieu des motards et figure dominante du milieu érotique québécois, a aussi été accusé d'avoir menacé et intimidé des policiers de la patrouille nautique qui intervenaient auprès de plaisanciers.