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La Ville veut faire fermer une synagogue

TVA Nouvelles

La Ville de Montréal recourt aux tribunaux afin de faire fermer une synagogue illégale dans l'arrondissement d'Outremont dans la métropole.

L'immeuble du 1030, avenue Saint-Viateur, propriété de la communauté juive hassidique Munchas Alozer Munkas, doit être utilisé à des fins résidentielles uniquement en vertu du zonage actuel d'après ce qu'allègue la Ville.

«Je sais que la requête vise la fermeture de la synagogue parce qu'elle est en milieu résidentiel d'après le zonage de l'arrondissement. Elle pourrait être un coin de rue plus loin avenue du Parc où le zonage le permet», a expliqué Céline Forget, conseillère indépendante de l'arrondissement d'Outremont, qui se trouvait au palais de justice de Montréal, lundi matin, en tant qu'observatrice.

Pour sa part, l'avocat de la communauté a invoqué la Charte canadienne des droits et libertés devant la juge.

Il a fait valoir le droit des juifs hassidiques à la prière et a expliqué que la communauté n'avait pas réussi à trouver un autre local pour y ériger leur lieu de culte à Outremont.

Puisque l'avocat n'avait pas informé la juge qu'il entendait invoquer la Charte, le procès a été reporté à mi-mars.

La Ville réagit

Questionnée sur cette affaire, la Ville de Montréal a réfuté les allégations de l'autre partie et indiqué par courriel qu'elle n'émettrait aucun autre commentaire que les suivants.

«Pour la Ville, ce n'est pas une cause qui concerne les droits et libertés, c'est une cause dont le seul objectif est de faire respecter le règlement de zonage qui ne permet pas l'installation à cet endroit d'une synagogue, d'un édifice à vocation religieuse ou d'un bâtiment à usage commercial, et c'est d'ailleurs ce que nos avocats vont rappeler au juge lors de la reprise du dossier (l'affectation de cette zone est pour l'habitation», écrit Gonzalo Nunez, relationniste pour la Ville de Montréal dans un bref courriel adressé à TVA Nouvelles.

«De plus, la Ville considère que l'autre partie était mal préparée en invoquant l'argument des droits et libertés car cela n'a jamais été considéré ni discuté préalablement depuis le début du processus judiciaire qui remonte à 2009», peut-on également y lire.