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Diane Grégoire tuée pour son argent

Éric Thibault

Voyez le fil des évènements dans ce dossier.

Paul Laplante connaissait bien l'endroit où les policiers ont retrouvé les restes de sa conjointe, Diane Grégoire, dont le meurtre aurait été motivé par la cupidité, croit la police.

C'est sur la foi de ces éléments d'enquête, dans «un chapelet de preuves» circonstancielles, que les policiers de l'escouade des crimes majeurs de la Sûreté du Québec ont procédé à l'arrestation du camionneur de 54 ans, hier matin, a appris Le Journal de Montréal.

La route des chips

La découverte par un passant du squelette de la mère de famille de 51 ans dans un secteur boisé de Coteau-du-Lac, le 21 novembre, s'est avérée la dernière pièce du casse-tête que les policiers assemblaient depuis près de quatre ans.

«Une scène de crime, ça parle. C'est certain que ça n'a pas nui pour l'arrestation», a mentionné le lieutenant Guy Lapointe, en conférence de presse.

Dans ce cas-ci, le voisinage a parlé autant que la scène. Les limiers ont pu établir que les ossements étaient bien ceux de la victime, portée disparue par son conjoint le 31 janvier 2008. Le manteau Kanuk jaune qu'elle portait ce jour-là a été trouvé sur place. Mais selon nos sources, ils ont aussi découvert un lien entre ces lieux et le suspect.

L'emploi de Paul Laplante l'amène à transporter les produits de la multinationale PepsiCo, qui fabrique et distribue notamment les croustilles de marque Frito Lay. Or, l'entrepôt de Frito Lay, dans le parc industriel de Coteau-du-Lac, se trouve à proximité du site où le corps a été abandonné.

Pour son argent

Paul Laplante doit comparaître ce matin au palais de justice de Valleyfield. Il a été arrêté en matinée, dans un commerce de Saint-Hyacinthe. Il conduisait une rutilante Mercedes de couleur bleu foncé.

Avant même de lui faire subir un interrogatoire vidéo, les policiers le soupçonnaient d'avoir agi pour des motifs purement financiers, sachant qu'il a manoeuvré pour avoir accès à ses actifs.

Employée d'une banque, Mme Grégoire a touché un héritage considérable à la suite du décès de son père. Ce dernier lui a notamment légué une maison à Saint-Liboire, qu'elle a mise en vente un mois avant sa disparition, que Laplante a habitée et qui a été vendue au printemps 2008. Les policiers l'ont vainement passée au peigne fin pour trouver des indices.

En mars 2002, Laplante a été acquitté d'une accusation de fraude par faux chèque de 28 000 $. Son père, propriétaire d'une compagnie d'autobus, l'accusait d'avoir imité sa signature. Au même procès, le juge Yves Morier a cependant déclaré l'ex-maire de Saint-Liboire coupable de possession d'un revolver de calibre .38 chargé, sans détenir de certificat d'enregistrement.

Cause du décès

La cause du décès de Diane Grégoire n'est toujours pas déterminée. La SQ attend des résultats d'expertises médico-légales des traces de violence apparentes sur les ossements.

La SQ -qui a pris le relais de la police de Longueuil, dont quelques enquêteurs sont restés sur l'affaire -a aussi confirmé que les recherches menées dans une ferme de Saint-Valérien-de-Milton, en octobre, n'ont pas permis de faire de lien avec le crime.

Dernière personne connue à avoir vu la victime vivante, Paul Laplante a attiré les soupçons dès le début de l'enquête, refusant l'invitation des policiers à se soumettre au test du polygraphe.

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