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Le Grand Théâtre de Québec fête ses 40 ans

Pierre O. Nadeau

Le Grand Théâtre de Québec s'est offert un spectacle de rêve, samedi soir, pour ses 40 ans. Un beau grand coup de théâtre!

Depuis le début de ses célébrations, qui se font faites plutôt discrètes, le Grand Théâtre a évité de se bomber le torse sur l'ensemble de ses réalisations. Mais le spectacle commémoratif témoignait avec éloquence de la vitalité, de la maturité et surtout de l'esprit de créativité de ce «lieu précieux pour notre culture», comme l'a décrit en ouverture Christine St-Pierre, ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine. Cette dernière n'a pas manqué de souligner «la richesse et l'esprit d'avant-garde» de l'institution dirigée par Marcel Dallaire, qui s'apprête à accueillir son 14e millionième spectateur.

De beaux moments d'émotion se sont succédé durant ces deux heures de pur bonheur célébrées dans la grande salle, qui était pour l'occasion presque bondée.

Péloquin et les autres

La soirée s'est ouverte par une projection montrant le triptyque de Jordi Bonet, rehaussée du commentaire de Claude Péloquin. Celui-ci a tenu à préciser, 40 ans plus tard, que son fameux «Vous n'êtes pas tannés de mourir bandes de caves, c'est assez!» se voulait tout simplement «un cri du coeur». «Ce n'était pas pour l'indépendance, mais pour la liberté de l'homme», a-t-il dit.

Premier invité sur scène, première surprise: Robert Charlebois a repris sa légendaire Lindberg (qu'il avait coécrite avec Claude Péloquin) en compagnie d'Ariane Moffatt. À souligner au passage l'ingénieux et imposant dispositif scénique, avec son chœur, sa section rythmique, sa section de cordes installée sur une plate-forme, et ses éclairages bien fignolés.

Charlebois a enchaîné avec sa touchante relecture de Frédéric, du regretté Claude Léveillée, avant de laisser la place à Pierre Lapointe, venu d'abord saluer Barbara avec son classique Le mal de vivre.

Les concepteurs du spectacle, Martin Genest et Louis Tremblay, avaient eu aussi la bonne idée de penser à Catherine Major pour ranimer la ferveur de Notre sentier, de Félix Leclerc.

De surprise en surprise, des voix de l'Opéra de Québec ont résonné soudainement au beau milieu du parterre, pour ensuite faire honneur à la danse avec une prestation pleinement savourée de La Otra Orilla.

La folie d'André-Philippe

Entre deux interventions, Marco Calliari et sa joyeuse fanfare ont interprété les festifs Che la Vita et Bella Cioa. La folie s'est jointe à la fête avec l'apparition d'André-Philippe Gagnon. Après avoir incarné un Jacques Martin somnolent, le voilà s'inquiétant du fait français à Montréal en faisant chanter Paul Piché en anglais.

L'émotion a atteint son paroxysme en finale avec Charlebois venu reprendre Ordinaire, suivi du salut de tous les invités, dont le groupe Plaster, Damien Robitaille, Elisapie Isaac, Patrick Watson et Yann Perreau.

On nous avait promis un spectacle mémorable... mission accomplie!