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Deux homosexuelles aimeraient donner l'exemple

Fannie Brouillette

La naissance du premier bébé de l'année en Mauricie met en lumière une réalité jusqu'ici peu visible.

En effet, la petite Élémia a deux mamans. Bien loin de se cacher, Stéphanie Marchand et Geneviève Lessard espèrent que leur histoire incitera plus de couples gais à fonder une famille.

«C'est la plus belle chose qui peut arriver», a indiqué Stéphanie Marchand.

Sa conjointe, Geneviève Lessard, a donné naissance au poupon vers 18 h 30, le 1er janvier.

«Ce n'est pas parce que la petite a deux mamans qu'elle va manquer d'amour, manquer de soins et qu'elle ne sera pas heureuse, a-t-elle expliqué. Elle va avoir tout ce dont elle a besoin.»

Une source d'inspiration

Les deux femmes dans la vingtaine souhaitent que plus de couples homosexuels s'inspirent de leur histoire.

«On encourage les gens à fonder leur famille, a indiqué Stéphanie. Ils n'ont pas à se priver parce qu'ils sont homosexuels. Tout le monde a droit à ça.»

Elles croient qu'en véhiculant leur message, la perception des gens changera. Selon elles, les résidants du petit village de Saint-Paulin, où elles se sont installées il y a moins d'un an, ont très bien accueilli leur différence.

«À Montréal, deux filles qui se tiennent par la main, ça passe inaperçu, a expliqué Stéphanie. Mais si on fait ça à Trois-Rivières, on se fait parfois regarder de travers. À force d'en parler, on va peut-être faire passer le message. Même ici, dans une petite communauté, tout le monde le sait et accepte ça.»

Les mères sont surprises de l'ampleur médiatique que la naissance de leur premier enfant a prise. Les médias locaux, nationaux et des organismes comme Gai Écoute ont partagé l'histoire des deux lesbiennes.

Long processus

Leur projet d'avoir un enfant a débuté en octobre 2010. Le processus demeure laborieux : examens, visites de psychologue, traitements de fertilité. Elles ont bénéficié du remboursement de l'insémination par le gouvernement du Québec.

«Nous sommes allées à la clinique OVO de Montréal, a expliqué Stéphanie. Il n'y avait pas cela à Trois-Rivières à l'époque. Nous avons rencontré une psychologue.»

Elles ont d'ailleurs été préparées à ce que leur fille pose plusieurs questions en vieillissant.

«On ne lui cachera pas la vérité, a indiqué Geneviève Lessard. On va lui faire comprendre que même si c'est une situation différente, elle va être autant aimée.»

«On a été préparées à ça, a précisé Stéphanie. Peut-être que ça va être plus difficile, mais on est prêtes. Je veux que ma fille soit heureuse.»

Un programme bénéfique

Geneviève et Stéphanie croient que le remboursement des traitements d'insémination encouragera plus de couples gais à fonder une famille.

«On souhaite que les gens arrêtent de se cacher, a fait savoir Stéphanie. Avoir un enfant, c'est la plus belle chose qui peut arriver. À chaque rendez-vous, on voyait d'autres couples homosexuels à la clinique.»

Éventuellement, cette dernière souhaite elle aussi donner naissance à un autre enfant.

«On va attendre un peu, le temps de terminer mes études et d'avoir un emploi dans mon domaine, a dit Stéphanie. Mais Élémia va avoir un petit frère ou une petite sœur du même donneur.»