/finance/finance

Hydro-Québec entre en contact avec ses opposants

Olivier Bourque

Après avoir fait la une d'un journal local dans le quartier Villeray, où sont implantés les premiers compteurs intelligents, une opposante au projet Marie-Michelle Poisson a été contactée par Hydro-Québec, qui a affirmé vouloir la rencontrer. Une démarche inusitée qui traduit une certaine nervosité, selon nos sources.

«C'est arrivé carrément la journée même de la publication. C'est une personne proche de M. George Abiad (NDLR: le grand responsable du projet) qui m'a contactée pour une rencontre qui se tiendra vendredi. J'ai trouvé la démarche inusitée, mais aussi, je me suis sentie intimidée, car il s'agit de la personne responsable du déploiement des compteurs», a souligné Mme Poisson en entrevue avec Argent.

Quelques semaines plus tôt, cette dernière avait refusé qu'Hydro-Québec pose sur sa maison un de ces fameux compteurs. C'est par précaution qu'elle a fait cette demande. Elle a exprimé ses réserves sur son blogue personnel, lesquelles ont été reprises par le journal local.

«On n'a pas suffisamment d'informations. Vous voyez, on veut poser ces compteurs sur le mur où se trouve le bureau de mon mari qui travaille là toute la journée. On dit que c'est dangereux, donc moi je ne prends pas de chance», a-t-elle signifié.

Mme Poisson a fait le tour des commerces de son quartier. Elle a senti beaucoup plus d'opposition qu'elle ne le pensait au départ.

«Il y a un commis, dans une épicerie de bières, et le compteur qu'on va y installer est situé à environ deux pieds de lui. Je peux vous dire qu'il est loin d'être réconforté par les mots d'Hydro-Québec», a-t-elle souligné.

Pas de risques, dit Hydro

Selon la société d'État, il n'y a pas de risques de santé associés aux compteurs intelligents. «Lors de la lecture des compteurs et de la synchronisation, les émissions totales sont de l'ordre de 100 000 fois inférieures à la norme de Santé Canada», nous a-t-on signifié par voie de courriel.

Mais ce n'est pas ce que croit François Therrien, enseignant en électricité et président de Sauvons nos enfants des micro-ondes (SEMO), une organisation qui est contre le déploiement des compteurs, mais qui souhaite aussi limiter ce type de fréquences. M. Therrien assistera d'ailleurs à la rencontre avec M. Abiad.

«Les responsables de santé d'Hydro-Québec affirment que l'électrosensibilité n'existe pas, alors que nous savons que plusieurs cas sont répertoriés. Ça va de simples maux de tête à des vertiges et des nausées. Nous, on souhaite informer les gens», a-t-il dit.

Toujours selon Hydro, le compteur ne fait une lecture des données que six fois par jour.

«C'est faux, ce que nous dit Hydro-Québec. Les compteurs émettent au moins 190 000 fréquences chaque jour, comme on l'a constaté en Californie avec des compteurs semblables. C'est de la désinformation», a-t-il assuré.

M. Therrien invite d'ailleurs les résidants du quartier à une réunion d'information le 18 janvier prochain au centre Lajeunesse.