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Le vieillissement de la population minera-t-il l'économie ?

TVA Nouvelles

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Michel Munger
Argent

Les consultations publiques du gouvernement du Québec sur le vieillissement de la main d'oeuvre s'amorcent. L'enjeu est énorme: empêcher ce problème de miner la croissance économique.

Les travaux se déroulent à Gatineau, Montréal, Drummondville, Sherbrooke, Québec et Rimouski. Ils donnent suite au rapport déposé, en septembre dernier, par la Commission nationale sur la participation au marché du travail des travailleurs expérimentés de 55 ans et plus.

Selon l'Institut de la statistique du Québec, les personnes de 65 ans et plus compteront pour le quart de la population en 2030, contre 14% en 2006. En parallèle, la population de 15 à 64 ans diminuera à partir de 2013.

Selon Luc Godbout, professeur d'économie à l'Université de Sherbrooke, le vieillissement réduira la croissance de l'économie à une moyenne de 0,89% par année de 2010 à 2030.

La commission avance que si l'on faisait bondir le taux d'emploi chez les personnes âgées, l'économie pourrait plutôt augmenter de 1,36% en moyenne pour la même période.

Les commissaires prêchent donc une hausse du taux d'emploi des aînés. Ils estiment qu'il faut aussi réduire la générosité des rentes publiques avant 65 ans, et les bonifier par la suite.

La tâche n'est pas mince, indique André Hétu, directeur général de l'Association Midi-Quarante. Cet organisme lavallois donne un coup de main aux personnes de 45 ans et plus qui ont perdu leur emploi.

Selon lui, les préjugés sur les personnes âgées persistent. «Mes clients sont en état de choc, raconte-t-il. En perdant leur emploi, ils prennent conscience de leur âge. Leur plan de carrière est soudainement interrompu. Ils sont convaincus que les recherches seront difficiles et ils ont raison.»

À son avis, les entreprises cherchent encore à embaucher des jeunes afin de les former et les garder pendant 25 ans.

Le directeur général souligne par contre que la sensibilisation fonctionne, car 83% de ses clients retrouvent du travail. Ils mettent 12 à 13 semaines afin d'y arriver et 90% en sont satisfaits.

L'embauche de travailleurs d'expérience est logique, souligne Lyne Rémillard, directrice adjointe de la Fédération de l'Âge d'Or du Québec (FADOQ). «Ils sont aptes à travailler plus longtemps et ils ont accumulé un bagage que les plus jeunes n'ont pas encore. Si l'on accorde un horaire flexible ou d'autres conditions gagnantes, ils peuvent être très efficaces.»

Les personnes âgées ont parfois besoin d'accompagnement dans leur recherche d'emploi, estime Mme Rémillard. «Les aînés n'ont pas toujours l'habileté de se présenter et de se vendre selon leur situation», dit-elle.

Selon André Hétu une embauche réussie ouvre l'esprit de l'employeur. «Nous recevons de plus en plus d'appels concernant des offres d'emploi. Certains patrons développent une préférence pour l'embauche de ceux qui ont 40 ans. C'est loin d'être répandu comme pensée, mais je la vois chez ceux qui ont été sensibilisés.»

michel.munger@tva.ca