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Tous contre Boisvenu

TVA Nouvelles

«Chaque assassin devrait avoir droit à sa corde dans sa cellule». Ces propos malheureux du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu sont vertement et unanimement décriés par la classe politique à Ottawa.

«Plus j'y réfléchis, pour moi, c'est inacceptable de penser de cette façon», a déclaré sans ménagement pour son collègue, le sénateur conservateur Jacques Demers.

Le chef du Parti libéral du Canada (PLC) dénonce aussi les propos de Pierre-Hugues Boisvenu.

«C'est contre la loi. Il suggère quelque chose qui est franchement criminel. Il n'est pas possible pour des sénateurs qui sont des porte-parole de la justice du gouvernement au sénat de faire de telles déclarations. Ça n'a aucun sens», soutient Bob Rae.

Photo: TVA Nouvelles

Porte-parole du gouvernement

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) ajoute sa voix au concert de critiques. «M. Harper devrait avoir une bonne conversation avec ce type-là. Et si ses idées sont comme ce qu'il annonce, effectivement il devrait lui demander de se retirer, car ça ne représente pas la société canadienne, assure Nycole Turmel, chef intérimaire du NPD. J'ai des craintes par rapport à des attitudes comme celles-ci. Ces personnes-là, à la fin de la journée, signent les projets de loi.»

Denis Coderre a eu des mots durs l'endroit du sénateur conservateur. «Il n'avait pas trop de trémolos dans la gorge quand il s'est excusé. Il fait partie du club des mal cités. À un moment donné, il faut être responsable de ses paroles. Il est allé beaucoup trop loin, c'est indigne, c'est irresponsable.

Le député de Bourassa demande dans la foulée au premier ministre de relever Pierre-Hugues Boisvenu de ses fonctions de porte-parole francophone en matière de justice. «Il n'a plus d'affaire là!»

Peine de mort

Stephen Harper a fait savoir qu'il passe l'éponge sur la bourde du sénateur qu'il a lui-même nommé, que ce dernier s'est excusé et il l'a défendu en rappelant les tragédies qui ont émaillé la vie de l'homme qui a perdu ses deux filles.

Fondateur de l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD), Pierre-Hugues Boisvenu a perdu sa fille aînée qui a été tuée par un criminel récidiviste en juin 2002, son autre fille est morte dans un accident de voiture.

Maria Mourani du Bloc québécois a accepté les excuses formulées par le sénateur. «Je pense que M. Boisvenu est encore un homme qui souffre», a dit la députée d'Ahuntsic.

Le premier ministre a tenu à préciser que son gouvernement malgré les propos du sénateur Boisvenu n'avait aucunement l'intention de rouvrir le débat sur la peine de mort.

 

Michel Surprenant commente

 

Le père de Julie Surprenant, Michel Surprenant, en entrevue à Denis Levesque, a déclaré qu'il était d'accord avec les propos de M. Boisvenu, mais seulement dans le cas de criminels qui ne peuvent pas être réhabilités. «Quand vous avez vécu des crimes comme j'ai vécu et comme M. Boisvenu a vécu, il peut arriver des écarts de langage. Les seules personnes qui vont s'offusquer ce sont les personnes qui n'ont jamais vécu quelque chose dans leur vie», dit-il.

«Il y a des gens qui sont en soins palliatifs qu'on leur donne de quoi pour les achever le plus vite possible pour pas qu'ils souffrent, pour qu'ils débarrassent et qu'ils fassent de la place aux autres. Pendant ce temps, on paie pour des prédateurs sexuels qui n'ont aucune chance de réhabilitation», a rajouté M. Surprenant.