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Le paradis des criminels en cavale

Félix Séguin et Hugo Bourgoin

Un peu plus de deux semaines après le suicide de la taupe du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Ian Davidson, TVA Nouvelles a poussé plus loin et a décidé de suivre les traces de ce policier d'expérience qui a retourné sa veste. Notre journaliste Félix Séguin s'est rendu au Costa Rica pour tenter de comprendre pourquoi Davidson a voulu s'y réfugier. Enquête de Montréal à San José.

- À lire aussi: le premier volet de notre enquête

EXCLUSIF - Le Costa Rica aurait-il tout pour lui? Pays politiquement stable, chef de file dans l'écotourisme et bordé par les océans Atlantique et Pacifique, il offre un véritable paradis aux touristes qui le visitent. Or, il semble que le petit pays d'Amérique centrale soit aussi un paradis pour les criminels en cavale.

C'est d'ailleurs ce qui pourrait expliquer que la taupe du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Ian Davidson, ait tenté de s'y réfugier. Il y aurait trouvé la paix, l'anonymat, mais il semble que Davidson était surtout séduit par le fait d'être à l'abri de la justice canadienne.

Comme le Costa Rica ne possède aucun traité d'extradition avec le Canada, les autorités d'ici ne sont pas en mesure d'exiger le rapatriement d'un suspect au pays.

«C'est sûr qu'il faut que les autorités locales veuillent bien collaborer avec les autorités canadiennes. C'était peut-être l'endroit idéal si on voulait se soustraire à une éventuelle demande d'extradition des autorités canadiennes», explique Me Stéphane Handfield, avocat spécialisé en immigration.

Une idée commune

Ian Davidson n'est d'ailleurs pas le seul Québécois à avoir eu l'idée de se réfugier au Costa Rica. Selon des sources policières, plusieurs membres de la mafia montréalaise y auraient élu domicile. Ces derniers tenteraient ainsi d'échapper à la justice et se protégeraient de peur d'être la prochaine victime d'une guerre sanglante.

Le pays, particulièrement la côte ouest, servirait aussi de cachette pour des proches des Hells Angels. Le plus connu d'entre eux est Richard Vallée, ancien président du chapitre de Trois-Rivières et fondateur des Nomades qui a passé six ans au Costa Rica avant d'être arrêté au Québec.

Parmi les autres, on compterait James Bulger, l'ex-numéro un de la mafia irlandaise de Boston. Recherché pour pas moins de 19 meurtres, il est soupçonné de se cacher dans le paradis costaricain depuis une vingtaine d'années.

Drogue et corruption

En plus de servir de refuge aux criminels, le Costa Rica serait une plaque tournante du trafic de drogue en Amérique. La Drug Enforcement Administration (DEA), le service américain qui s'occupe d'appliquer la loi concernant les stupéfiants, croit que le pays d'Amérique centrale serait maintenant le point de transit de la cocaïne colombienne à destination des États-Unis.

On estime que 4,5 milliards de dollars sont perdus annuellement en évasion fiscale venant du crime et de la corruption. Concernant l'argent blanchi, on parle de 1,6 milliard de dollars ; l'équivalent de 20% du produit intérieur brut (PIB) de l'économie du pays.

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