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Laplante provocant

Marc Pigeon

Visionnez les vidéos de l'interrogatoire de Paul Laplante

Accusé du meurtre prémédité de sa femme Diane Grégoire, Paul Laplante prétendait être victime d'une erreur judiciaire, menaçait de poursuivre la police et comptait se rendre millionnaire avec ça, révèle l'écoute de l'interrogatoire subi le jour de son arrestation.

Consultez la chronologie des évènements du meurtre de Diane Grégoire

Le jour de son arrestation, Paul Laplante a passé environ six heures en interrogatoire aux mains d'un enquêteur, sans craquer. Il va même jusqu'à entonner des chants religieux, à se boucher les oreilles et à se coucher sur le sol.

«J'ai bien hâte d'être devant le tribunal pour expliquer tout ça. Ça va être jouissif. (...) Ça va me mettre millionnaire cette affaire-là.»

Laplante a été arrêté le 13 décembre dernier, alors qu'il se rendait au commerce d'un ami pour lui montrer sa toute nouvelle Mercedes achetée la veille.

L'interrogatoire auquel il a été soumis par la Sûreté du Québec a duré environ six heures, au cours desquelles il n'a fait aucun aveu.

Photo: Journal de Montréal

Film d'espionnage

Un détective passe des heures avec lui, l'appelle par son prénom, le place devant toute la preuve circonstancielle amassée contre lui au fil des ans et divulgue plusieurs méthodes d'enquête utilisées contre lui, dont certaines relèvent d'un véritable film d'espionnage.

«Des dizaines, des centaines d'affaires qui accrochent», dit le détective.

Une preuve «qui laisse transparaître la préméditation», dit le détective.

Le policier le traite parfois de manipulateur et de comédien. Mais Laplante demeure muet, répétant à plusieurs reprises «Je n'ai rien à vous dire. Je veux parler à mon avocat.»

Durant une bonne partie de l'interrogatoire, il demeure assis dos au policier, face contre le mur.

Photo: Journal de Montréal

Argent et méchanceté

Les commentaires du détective montrent un Paul Laplante avide d'argent. Le policier dit être surpris d'avoir constaté la méchanceté de Laplante envers ses enfants, notamment pour avoir privé sa fille de la voiture qu'elle utilisait. Aussi, il aurait stoppé les cadeaux de Noël sous prétexte que les Fêtes ne se passaient plus en famille.

Laplante prétend que la police s'est trompée de cible en le visant, mais il refuse de suggérer d'autres suspects.

Au cours de l'interrogatoire, Laplante n'offre aucune collaboration, insulte le policier, rit de lui, se bouche les oreilles et entonne des chants religieux et des prières, se comparant même au Christ crucifié et se nommant «saint Paul».

Il refuse de manger le poulet qu'on lui apporte et refuse aussi qu'on lui en commande un autre chaud. Il dit faire la grève de la faim.

Photo: Journal de Montréal

Harcèlement

Lorsque laissé seul un moment, il dit : «Harcèlement psychologique. Harcèlement verbal. C'est ce que je subis depuis plusieurs heures maintenant.»

Il écrit aussi sur un tableau. À un moment, il se couche au sol.

Au terme de l'interrogatoire, il réclame d'être placé seul dans une cellule et se plaint du peu de confort et d'intimité de ces endroits. Paul Laplante s'est suicidé en prison le 9 janvier.