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Des mois en enfer pour une jeune femme

Michaël Nguyen

Forcée à danser nue dans les bars, battue à répétition... Sous le charme de son bourreau, une jeune femme de la classe moyenne aura vécu un véritable enfer, selon ce qu'a relaté la Couronne au procès d'un présumé proxénète.

Pendant neuf mois, Iman Hosseini aurait fait subir l'horreur à une femme sans histoires en la convainquant de danser nue en Ontario.

Complètement manipulée, la victime âgée dans la vingtaine aurait même accepté de quitter son emploi précédent, pour rester dans les bonnes grâces de celui qu'elle aimait.

Au début, l'homme de 30 ans se serait contenté de prendre l'argent pour ses achats, notamment la location d'une voiture de luxe Maserati. Mais les choses se sont rapidement corsées, selon la procureure à la Couronne, Me Marilène Laviolette, hier au palais de justice de Montréal.

Hosseini fait face à des accusations de proxénétisme, de traite de personne, d'agression armée, d'avoir vécu des fruits de la prostitution d'une autre personne et d'avoir encouragé une personne à se prostituer.

Sous le charme

L'accusé aurait rencontré sa victime il y a un peu plus de deux ans, par hasard. La chimie est bonne, ils s'échangent leurs numéros de téléphone vont au restaurant.

«Iman Hosseini a vu son potentiel, elle est généreuse et travaillante», a commenté Me Laviolette.

Mais rapidement, Hosseini demande à sa victime de lui prêter de l'argent. Une fois, elle refuse de prendre une voiture à son nom. La voiture se fera saisir puisque le permis de l'accusé était suspendu. Il blâmera sa copine.

Il lui demande alors de danser nue : non seulement elle «travaillerait moins et gagnerait plus», mais parce que les danseuses sont, selon lui, plus honnêtes et fidèles. Hésitante mais sous le charme, elle accepte.

À la fin de cette première soirée, Hosseini aurait saisi l'argent. Au total, le proxénète allégué aurait «confisqué» plus de 100 000 $ à sa victime, qui travaillait à un rythme de six jours par semaine.

«Si tu fais ça pendant trois ou quatre ans, j'ouvrirai mon entreprise et je pourrais m'occuper de tout», lui aurait-il dit.

Violence physique

Graduellement, l'accusé aurait commencé à battre la femme, la couvrant d'ecchymoses.

Une fois, elle aurait eu un « blackout » en buvant un verre dans un bar. À son réveil, son visage était tuméfié, des morceaux de peau avaient été arrachés et ses cheveux se sont mis à tomber.

«On a eu une petite dispute», lui aurait dit l'accusé, avant de s'excuser et de la renvoyer danser.

Une autre fois, la jeune femme aurait subi un coup, au point où elle pensait que son nez était fracturé.

«Détruite et désemparée», elle finira par porter plainte à la police, après avoir envisagé le suicide sur le bord de l'autoroute.

Le procès devrait reprendre aujourd'hui, avec la fin des plaidoiries.