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Les familles veulent une brigade spécialisée

Jean-François Tremblay

Des parents d'enfants disparus maintiennent la pression sur Québec pour que le gouvernement instaure une brigade spécialisée dans les cas de disparition.

La bataille est menée par une famille de Québec, celle de Marylin Bergeron, disparue depuis quatre ans. Dans son cas, la police de Québec avance l'hypothèse du suicide, mais sans corps retrouvé, la famille refuse d'abandonner et revendique une nouvelle escouade policière.

«Ça me fait de la peine de savoir comment ça fonctionne», affirme la mère de la jeune femme disparue, Andrée Béchard, une mère déçue du travail de la police. «Il y a des choses qui se produisent dans les premiers instants d'une disparition qu'on ne peut pas laisser échapper. Je pense que présentement, on laisse échapper des choses.»

Marylin Bergeron a été filmée le jour de sa disparition, le 17 février 2008, à Saint-Romuald. Elle avait 24 ans, ce qui a joué dans l'enquête, selon sa mère.

«La police nous a dit, c'est moins dangereux pour sa vie parce qu'elle est majeure. Comme famille, on trouvait ça difficile de se faire dire ça parce que Marylin était dans un état psychologique de détresse. Lorsqu'il y a des informations qui rentrent, surtout après une disparition comme celle de Marylin, ça fait quatre ans, les informations ne sont pas traitées dans l'immédiat. Je me suis déjà fait répondre, il n'y a pas si longtemps, j'ai des urgences, des choses que je dois faire et après, je vais m'occuper du dossier de Marylin. Comme famille, ça fait mal à recevoir.»

Sa famille souhaiterait maintenant qu'un autre corps policier soit chargé de l'enquête.

«À 95% et peut-être plus, les informations proviennent de l'extérieur de la ville de Québec, en grande majorité de Montréal, de la grande région de Montréal et de l'Ontario», précise Madame Béchard.

Pour éviter ce genre de situation, elle réclame la formation d'une brigade spécialisée pour la recherche de personnes disparues. Des experts, sans limite de territoire, qui aideraient les services de police.

«Quand un signalement est fait par une famille, cette famille a à coeur qu'on retrouve son être cher. Il faut avoir les moyens et les effectifs nécessaires pour retrouver ces personnes-là et je crois qu'on ne les a pas au Québec. Ça prendrait des gens qui sont spécialisés là-dedans.»

La famille de Marylin a déposé une pétition à l'Assemblée nationale, en avril 2009. «On a eu de beaux applaudissements, c'est sûr, mais le parti en place a voté contre cette brigade spécialisée.»

Plusieurs parents d'enfants disparus estiment que cette escouade centralisée ferait une grosse différence pour colliger les informations.

«Si Saguenay a un renseignement et que Sherbrooke a un renseignement et que Montréal a un renseignement. S'ils ne rejoignent pas ces trois renseignements-là, ils vont dormir dans un tiroir quelque part», constate Éric Fortin, le père de David Fortin, porté disparu depuis février 2009.

La mère de David, Caroline Lachance, approuve le travail de la Sûreté du Québec dans le cas de son fils, mais elle comprend la mère de Marylin. «Ce sont des morceaux de casse-tête qui sont éparpillés un peu partout, mais qui ne sont pas nécessairement dans le dossier.»

La famille de Marylin Bergeron a distribué des avis de recherches et instauré sa propre ligne téléphonique. Elle s'est également tournée vers le web, créé son site internet, s'est rendue en Ontario pour vérifier des informations et a interrogé les douze coroners en chef du Canada.

«Ce n'est pas normal comme famille que l'on ait à faire autant de démarches pour retrouver notre fille», clame Andrée Béchard. «On garde espoir parce qu'il n'y a pas de corps qui a été retrouvé. Si on arrête de chercher et de croire, c'est abandonner ma fille. Marylin mérite d'être retrouvée.»