/news/law

Le sort d'un présumé «pimp» bientôt décidé

Michael Nguyen

Le témoignage de la jeune femme devenue danseuse nue à cause de son petit ami est-il crédible ? La Couronne estime «solide» l'histoire d'horreur racontée par la victime, la défense n'y accorde que peu de crédibilité.

Pendant ses neuf mois avec Iman Hosseini, une jeune femme de la classe moyenne aurait vécu une horreur sans nom.

Forcée à danser nue au profit de son petit ami qui aurait ainsi gagné 120 000 $, elle aurait en plus été sévèrement battue à plusieurs reprises.

L'homme de 30 ans fait face à cinq accusations en lien avec le proxénétisme et la traite de personne.

Les parties ont fini de plaider, hier au palais de justice de Montréal, chacune revenant sur le témoignage de la femme, âgée dans la vingtaine.

Évaluations divergentes

Selon la procureure à la Couronne, Me Marilène Laviolette, le chantage émotif de l'accusé a eu l'effet d'un «lavage de cerveau» sur la victime.

«Au début, elle est restée avec lui par amour, elle voulait lui plaire, a-t-elle dit. Puis ça se transforme en peur. Peur pour sa sécurité, pour sa réputation, pour ses dettes.»

En neuf mois, la femme aurait contracté 14 000 $ de dettes sur sa carte de crédit.

L'avocat de la défense, Me Claude Olivier, a pour sa part mis à mal la version de la plaignante, entre autres sur un épisode où la jeune femme, ­ensanglantée, avait appelé les policiers.

À leur arrivée, Hosseini aurait forcé la femme à effacer toute trace de violence. Les policiers n'avaient pas constaté de signes de violence.

«Ça saigne abondamment et en un court laps de temps elle se serait lavée et aurait jeté les ­chemises, a-t-il plaidé. Ça n'a pas de bon sens.»

Selon l'avocat, la femme est «tout sauf naïve» et, «en amour avec l'argent», elle serait ainsi ­devenue danseuse.

Le juge Gilles Cadieux devrait rendre son ­verdict en mai.

Dans la même catégorie