/finance/homepage

Industries Lassonde règle une poursuite après des réactions

TVA Nouvelles

(Photo: Courtoisie)

Argent

Les Industries Lassonde, qui produit les jus Oasis, vient d'apprendre que les médias sociaux peuvent représenter une force insoupçonnée, en matière d'opinion des consommateurs.

La compagnie de Rougemont vient en effet d'accepter de dédommager une petite entreprise, contre laquelle elle a mené une longue bataille juridique sur l'usage de sa marque Oasis.

Il y a sept ans, Lassonde s'était lancée dans une poursuite contre Deborah Kudzman, propriétaire d'une compagnie québécoise qui commercialise la gamme de produits de beauté Olivia's Oasis, parce qu'elle utilisait le mot « Oasis ».

À l'époque, Lassonde venait de commencer à distribuer de l'huile d'olive, et la compagnie craignait qu'il y ait de la confusion chez les consommateurs.

Lassonde avait perdu sa cause en Cour supérieure. Elle avait été condamnée à verser 25 000$ en dommages punitifs et à rembourser la somme de 100 000$ en frais juridiques assumée par l'entreprise de Mme Kudzman.

Lassonde a toutefois contesté le paiement de ces frais en Cour d'appel. La Cour d'appel lui a donné raison, affirmant que les efforts de Lassonde pour protéger sa marque de commerce n'avaient pas été abusifs.

Mais un article publié dans un quotidien montréalais sur la bataille menée par le géant du jus a changé la donne.

Des centaines d'internautes ont pris d'assaut Facebook et Twitter, pour condamner la décision de la compagnie de ne pas indemniser la compagnie de Mme Kudzman. Plusieurs incitaient au boycot de la compagnie Lassonde, dont le chiffre d'affaires s'est élevé à plus de 760M$ en 2011.

« Les réseaux sociaux vont changer la manière d'opérer des entreprises », confirme Paul Allard de PARTA Dialogue.

En effet, samedi, la direction de Lassonde a décidé de faire marche arrière.

« Nous avons très bien entendu la réaction de nos clients », a écrit dimanche le président d'Industries Lassonde, Jean Gattuso, sur la page Facebook de l'entreprise.

« Dès le samedi après-midi, nous avons indiqué que nous allions rembourser à Mme Kudzman la totalité de ses frais juridiques. J'ai été personnellement la rencontrer dimanche après-midi. Je lui ai exprimé mes regrets relativement à la tournure des événements et nous avons conclu une entente », poursuit M. Gattuso.

M. Gattuso dit avoir tiré une leçon de toute cette affaire.

Selon Bernard Motulsky, titulaire de la Chaire de relations publiques et communication marketing de l'UQAM, Lassonde a su bien gérer la campagne de protestations, d'autant plus qu'elle s'est produite durant le long congé de Pâques. « Ils sont passés au travers correctement », analyse-t-il.

« Lassonde a pris acte de l'importance de la voix des consommateurs. Je vous remercie et je vous invite à poursuivre le dialogue », a conclu le président de Lassonde.

À cet effet, Lassonde a lancé un blogue du président, qui reprend le contenu de la communication de M. Gattuso.

En après-midi, les nombreux commentaires publiés démontraient que l'affaire préoccupait encore beaucoup les internautes.

Savoir dialoguer

Paul Allard souligne que cette expérience donne à comprendre aux entreprises qu'elles doivent apprendre à dialoguer avec les internautes. « Si une entreprise comprend comment une communication sur Facebook fonctionne et qu'elle s'implique dans les commentaires, qu'elle dialogue avec les consommateurs, un échange intelligent peut s'établir » précise-t-il.

Le spécialiste des communications web estime que le dialogue avec les parties prenantes doit devenir le modus operandi des entreprises.