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Loi 101 : 850 plaintes à l'Office de la langue française

TVA Nouvelles

Photo : Agence QMI

Olivier Bourque
Argent

Plusieurs entreprises des quartiers de Côte-des-Neiges, Notre-Dame-de-Grâce et l'arrondissement Saint-Laurent ne respectent pas la loi 101. Environ 850 plaintes seront d'ailleurs remises mercredi à l'Office québécois de la langue française (OQLF) aux fins d'enquête, a appris Argent.

Les infractions visent surtout l'affichage. Bien souvent, le français n'est pas prédominant et parfois il n'est tout simplement pas là, ce qui contrevient à la loi 101.

« Moi je viens du quartier Notre-Dame-de-Grâce et lorsque je revenais ici, je trouvais que j'avais de la misère à me faire parler en français. On a donc décidé de faire le tour des commerces », a souligné Max Virtue, 18 ans, bénévole à la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB).

Lui et son acolyte, Étienne Gougoux, lui aussi à la SSJB, ont donc trouvé 550 infractions à la loi. « Je remarque que Montréal s'anglicise et je trouve que ce n'est pas normal. On doit faire appliquer la loi à tous les commerces. Moi comme citoyen, ça m'interpelle », affirme-t-il.

Sur le terrain, les exemples se multiplient. Dans la vitrine d'une coiffeuse, on parle de Kids Haircut dans un magasin informatique, les inscriptions sont seulement dans la langue de Shakespeare.

« La situation est critique à Montréal en raison de la mollesse du gouvernement libéral sur la question. Il n'y a pas de volonté politique de faire appliquer la loi 101. On le voit partout. Il s'agit d'une situation très inquiétante », a fait valoir Mario Beaulieu, président de la SSJB.

Dans le quartier industriel de Saint-Laurent, un autre citoyen Jean Archambault a trouvé 300 infractions.

« Il s'agit de l'une des zones industrielles les plus importantes au Québec. J'ai remarqué qu'il y avait beaucoup de problèmes au niveau de l'affichage, mais aussi de la langue de travail qui selon moi est l'anglais majoritairement », a-t-il spécifié.

A l'Office québécois de la langue française, on constate qu'il s'agit d'un nombre élevé de plaintes et elles seront toutes traitées.

« On doit vérifier toutes ces plaintes pour savoir si elles sont fondées. On ne peut donc se prononcer maintenant. Mais il est évident que la question du français est revenue dans l'actualité et on remarque une hausse de ces plaintes », a souligné Martin Bergeron, porte-parole de l'OQLF.

Mais plusieurs s'inquiètent du peu de moyens que dispose l'Office même si on vient de créer 40 nouveaux postes.

« On doit clairement donner plus de moyens à l'office si on veut faire respecter la loi », assure M. Beaulieu.