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Les professeurs victimes eux aussi

TVA Nouvelles

L'intimidation à l'école ne touche pas seulement que les élèves, mais bien les professeurs aussi et la Fédération autonome de l'enseignement (FAE ) veut s'attaquer à ce problème. La FAE annonce deux mesures qui seront prises dans les différentes écoles pour contrer l'intimidation.

Le président de la FAE, Pierre St-Germain, a indiqué que malgré le discours «engageant» du ministère de l'Éducation, ce dernier «poussait peu les choses». La FAE a donc décidé de faire son propre portrait de la situation, après avoir décelé des lacunes dans le plan d'action du ministère, qui s'est achevé en 2011.

«On a mené une enquête dans notre milieu, auprès de nos membres, pour savoir comment s'était réalisé ce plan d'action, a insisté M. St-Germain. Ce qu'on constate, c'est qu'il y a encore beaucoup, beaucoup à faire pour contrer la violence. »

La première mesure s'adresse spécifiquement aux élèves. Il s'agit d'un concours qui s'intitule «Sois pas timide quand on intimide» et qui récompensera des projets qui contribuent à créer un climat plus harmonieux et plus respectueux à l'école. Les projets peuvent être des plus diversifiés: une marche, un poème ou même une pétition.

La deuxième mesure vise directement les enseignants. La FAE mettra sur pied un registre central pour recenser tous les cas de violence et d'intimidation contre les enseignants parce que ceux-ci hésitent souvent à porter plainte. Ils croient aussi que leur plainte va tout simplement rester sur les tablettes.

«Ça devrait nous aider à briser le mur du silence. Au-delà d'une campagne ou d'une affiche, de savoir que quelqu'un va recevoir ma plainte et va s'en occuper, je pense que ça va faire en sorte que les gens vont moins baisser les bras et vont dire que ça vaut la peine», explique Pierre St-Germain, le président de la Fédération.

Beaucoup de profs intimidés

Il y a deux ans, la Fédération autonome de l'enseignement disait que 85% des enseignants étaient victimes de violence psychologique ou physique. Ces violences prennent la forme de propos méprisants, de coups ou de blessures.

Mais ça ne s'arrête pas là, puisque 50% des répondants ont affirmé avoir vécu de la violence physique.

«On parle de professeurs qui sont bousculés, qui se font frapper ou qui sont victimes de blessures», a souligné M. St-Germain. Il indique que contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce sont les «tout-petits» qui sont le plus souvent à l'origine de ces gestes violents.

Les mesures vont toucher environ le tiers des écoles québécoises où la fédération est présente. On compte environ 350 000 élèves dans ces écoles.