/news/homepage

La ministre réagit curieusement

Sarah-Maude Lefebvre

La ministre de l'Éducation Michelle Courchesne aurait eu plusieurs «réactions disproportionnées» lors des négociations.

Pendant les quatre jours qu'ont duré les pourparlers, le climat a été très tendu à la table de négociations. Les esprits se sont échauffés à un point tel que la ministre Courchesne en a même perdu ses chaussures.

C'est ce qu'a confié au Journal une source qui était présente cette semaine lors de la ronde de négociations entre Québec et les étudiants.

«La ministre a souvent eu des réactions disproportionnées pendant les discussions. Par moment, elle gesticulait et était tellement emportée qu'on se demandait si c'était de la comédie.»

«À un point fort des négociations, elle avait les bras dans les airs et bougeait tellement qu'elle en a perdu ses souliers.»

Le ton est monté à plusieurs reprises lors des discussions qui ont été souvent émotives, ont confié au Journal plusieurs sources au dossier, ainsi que les porte-parole étudiants.

Recul

La ministre Courchesne aurait dit à plusieurs reprises aux étudiants que «politiquement», il ne fallait surtout pas donner à la population l'image «d'un gouvernement qui recule».

Jeudi, avant que la ronde des négociations n'achoppe, les étudiants disent «avoir tout fait» pour retenir la ministre.

«Mais quand nous avons vu Mme Courchesne arriver sans ses cahiers, jeudi, nous avons compris qu'elle ne voulait plus négocier», raconte l'ex-président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin.

«Nous nous sommes retirés pour préparer une autre offre, mais l'attaché politique de la ministre est venu nous interrompre. Mme Courchesne nous a alors dit que c'était terminé, qu'elle comprenait que nous ne voulions pas partir les premiers et qu'elle était prête à annoncer elle-même aux journalistes que c'était la fin. On était déçus».

De son côté, la ministre Courchesne a affirmé que les «canaux de communication» étaient toujours ouverts, mais que la rigidité de la position des étudiants rendait les négociations difficiles.

Sortie de crise?

Même s'ils décrivent la ministre Courchesne comme une femme «impatiente» et «fonceuse», ils croient réelle la volonté de cette dernière de mettre fin au conflit.

«Mais il y a eu des moments révélateurs, notamment lors de la rencontre avec le premier ministre», lance Léo Bureau-Blouin.

«M. Charest était mal à l'aise. Il ne voulait pas discuter des frais de scolarité et il est parti en disant qu'il devait aller continuer à gérer le Québec. Je lui ai alors dit qu'il y avait dans cette pièce une crise majeure qui touchait tout le Québec. Il m'a dit en sortant: ‘'on va essayer de la régler.''»