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Des modifications qui laissent perplexes

Josée Cloutier

Le gouvernement s'est donné les moyens il y a quelques jours pour sévir auprès de ceux qui exploitent des usines à chiots. La Loi sur la protection sanitaire des animaux a été modifiée de manière à imposer entre autres des amendes plus salées. Des organismes voués à la défense et la protection des animaux restent toutefois perplexes quant à son application. Au refuge de la Fondation Caramel de Saint-Valérien-de-Milton, la propriétaire, Louise Meunier, juge qu'il reste beaucoup à faire: «La loi n'a pas assez de mordant. Nous, on essaye de comprendre pourquoi il n'y a pas de changements plus drastiques.»

Les nouvelles dispositions législatives prévoient des amendes plus sévères aux propriétaires qui seraient responsables d'abus et de mauvais traitements envers un animal. «Les amendes peuvent varier de 600 dollars pour une première offense à 36 000 dollars en cas de récidive. Donc, on parle de multiplier par 10 les amendes qui existaient déjà», explique le directeur de la santé animale et de l'inspection au MAPAQ, Guy Auclair. Les scandales d'usines à chiots ont maintes fois défrayé la manchette. Louise doute que les amendes auront un effet dissuasif. «Les exploitants de ces usines vont juste faire plus de chiens pour payer leurs amendes et cela finir là. Ce sont encore les animaux qui vont payer pour.»

(TVA NOUVELLES)

Il y a quelques jours, le MAPAQ, la SPA de Drummondville et Human Society portaient secours à 64 chiens négligés en Montérégie.  Si un pas a été fait pour venir à bout de la surpopulation de chiens de chats, c'est encore trop peu pour certains organismes. «Le gouvernement s'est donné un pouvoir réglementaire là-dessus, mais il n'y a pas encore de règlement. On sait que que dans d'autres villes, on oblige la stérilisation des animaux, qu'ils soient achetés en animalerie ou en refuge», partage Ewa Demianowic de Humane Society Canada.

L'organisme aurait aussi souhaité un message clair à l'endroit de ceux qui exploitent des usines à chiots. «On aurait certainement aimé que, symboliquement, qu'il y ait une peine d'emprisonnement possible», avance la porte-parole.

Le ministère reconnaît que d'autres mesures devront être envisagées. «Maintenant, nous avons les outils pour faire des saisies et pour avoir les coudées franches. Il restera maintenant à évaluer comment nous pouvons d'avantage nous arrimer avec les municipalités.»

(TVA NOUVELLES)

Le refuge de la Fondation Caramel de St-Valérien est plein. On y retrouve en ce moment quelque 200 chats et une trentaine de chiens qui sont soignés, stérilisés et prêts pour l'adoption. «S'il y a de bons contrôles animaliers sur chaque territoire, moi je crois que c'est la façon la plus directe d'arriver à régler plusieurs problèmes», confie celle qui tient à rappeler que sa plus belle paye est de voir l'un de ceux qu'elle appelle affectueusement «ses bébés» quitter vers un bon foyer...

Voir le reportage de Josée Cloutier