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Luigi Coretti arrêté pour fraude

TVA Nouvelles

Luigi Coretti, l'ancien patron de la firme BCIA et un ami du député Tony Tomassi, a été arrêté lundi matin par la Sûreté du Québec (SQ) parce qu'il est soupçonné pour des fraudes commises de 2005 à 2010.

L'homme de 47 ans de Laval fait face à quatre chefs d'accusations, deux de fraude de plus de 5000$, un chef d'accusation de fausses déclarations et un autre de fabrication de faux documents.


(Crédit photo: TVA Nouvelles)

D'après son enquête entamée en octobre 2010, la SQ a affirmé, lundi, par communiqué que le suspect «aurait notamment surévalué des comptes clients de manière à obtenir du financement d'institutions financières sous de fausses représentations».

Luigi Coretti a été libéré lundi après-midi. Il devait être formellement accusé à une date ultérieure.

Un proche de Tomassi

M. Coretti est un proche du député Tony Tomassi qui est de son côté accusé de fraude envers le gouvernement et d'abus de confiance dans un dossier lié à cette affaire. L'ancien ministre de la Famille est soupçonné d'avoir utilisé une carte de crédit de la firme de sécurité BCIA pour des dépenses personnelles et d'avoir exercé une influence auprès du gouvernement en faveur de la compagnie BCIA et de l'homme d'affaires Luigi Coretti, l'ancien patron de cette entreprise.


(Crédit photo: TVA Nouvelles)

À la demande de Jean Charest, Tony Tomassi avait été démis de ses fonctions au gouvernement en mai 2010. Depuis son éviction du caucus libéral, il brillait par son absence à l'Assemblée nationale. Tony Tomassi a annoncé sa démission en tant que député le 3 mai dernier.

«Je ne suis pas inquiet»

Rencontré à son domicile par TVA Nouvelles à la suite de perquisitions de l'Opération Marteau chez BCIA en juin 2010, l'entrepreneur Luigi Coretti avait alors affirmé n'avoir rien à se reprocher. «Que Marteau soit là, je ne suis pas inquiet», avait-il dit.

En ce qui concerne l'utilisation par Tony Tomassi d'une carte de crédit appartenant à BCIA, Luigi Coretti avait mentionné qu'il avait voulu aider «un ami». «Moi, Tony Tomassi, je ne le connais pas comme ministre de la Famille. Moi, Tony Tomassi, je le connais comme ami. On a émis une carte de crédit, tiens, c'est pour l'aider. Ce gars-là est un ami plus que d'autres choses», avait ajouté l'entrepreneur en juin 2010.

M. Coretti est un contributeur à la caisse du Parti libéral du Québec. Sa firme, BCIA, avait fait l'objet d'une enquête par le Directeur général des élections qui avait toutefois conclu en juin 2011 qu'elle n'avait pas contribué illégalement au PLQ.

Il avait aussi fait la manchette pour une histoire de permis de port d'arme. M. Coretti avait obtenu une rencontre en 2008 avec le ministre de la Sécurité publique de l'époque, Jacques Dupuis, parce que la Sûreté du Québec lui avait refusé ce permis. L'homme d'affaires avait par la suite obtenu l'autorisation de porter une arme, mais Jacques Dupuis a toujours affirmé que son cabinet n'a jamais effectué des pressions en ce sens.

BCIA devait des millions de $

Le Mouvement Desjardins et Investissement Québec avaient déposé conjointement, en septembre 2010, une plainte criminelle à la Sûreté du Québec contre l'entreprise BCIA qui avait fait faillite le 27 mai cette année-là.

Le syndic Stéphane Lachance, de Demers Beaulne, et les créanciers ont reproché à la société de gardiennage une série de carences administratives importantes.

Le Mouvement Desjardins tentait de ravoir au moins 10,4 millions$ prêtés à BCIA. Revenu Canada souhaitait récupérer environ 1,3 million$. Des employés qui n'avaient pas été rémunérés par BCIA réclamaient 1,6 million$.

De son côté, Investissement Québec voulait mettre la main sur un prêt de 1,3 million $, tandis que la Commission de la santé et de la sécurité du travail avait une créance de 800 000$.