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Des travailleurs méconnus et en demande

TVA Nouvelles

Alors que la main-d'œuvre diminue au même rythme que la population vieillit, TVA Nouvelles a appris que l'Agence de la santé de Montréal lance une campagne publicitaire pour valoriser le métier méconnu de préposé aux bénéficiaires.

Plusieurs personnes qui le pratiquent estiment qu'il faut avoir la vocation pour pratiquer ce métier précieux, qui exige compassion et patience, tout en offrant des salaires parfois peu concurrentiels: ils varient entre 9 et 18 dollars l'heure. Le recrutement de personnel fiable et compétent pose donc de nombreux défis.

Déjà très exigeante, la tâche s'alourdit avec le temps, selon Monique Lebourdais, qui fait ce travail dans un centre d'hébergement pour personnes âgées depuis 19 ans. «Il y a plus de cas lourds, des gens atteints de la maladie d'Alzheimer», indique-t-elle.

Dans l'unité où Mme Lebourdais travaille, on compte deux préposées pour 17 résidents. Cette dernière aimerait tant accorder plus de temps à chacun d'entre eux, mais elle reconnaît que ce n'est pas possible. «On leur dit: ‘'Madame, je vais revenir tantôt'', mais tu le sais, dans ta tête, que tu ne reviendras pas, parce que tu n'auras pas le temps», avoue-t-elle.

Beaucoup de départs la première année

L'Agence a mis en ligne une vidéo pour expliquer la nature des tâches d'un préposé aux bénéficiaires. Mieux renseignés, les postulants savent déjà ce qui les attend dans la réalité.

«Lors de leur entrée dans les établissements, je vous dirais qu'on en perd environ 60% lors de la première année», rapporte Jeanne-Évelyne Turgeon, directrice associée aux ressources humaines à l'Agence des services sociaux.

«Ce n'est pas vrai que ne sont que des soins d'hygiène et que ce ne sont que des personnes grabataires», ajoute la directrice.

Le CSSS Dorval-Lachine-Lasalle a pour sa part créé en 2009 un programme de formation de 750 heures avec la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys. Les préposées font des stages et savent à quoi s'attendre. Seulement 10% des finissantes et finissants abandonnent en cours de route.

Ces travailleurs, dont plusieurs sont issus des communautés culturelles, seront de plus en plus en demande, notamment sur l'immense territoire desservi par l'Agence de la santé de Montréal, où l'on compte près de 14 000 préposés.

Au total, 18% des postes ne sont pas comblés, et une bonne proportion de ceux qui le sont deviendront vacants avec les nombreux départs à la retraite prévus dans les cinq prochaines années.

D'après un reportage de Harold Gagné.