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L'ex-caquiste Kamal G. Lutfi récidive

TVA Nouvelles

Après avoir été limogé pour avoir accusé les séparatistes de «racistes», l'ex-candidat de la Coalition Avenir Québec, Kamal G. Lutfi, récidive.

Dans un échange corsé sur Twitter lundi matin, M. Lufti fait valoir que son ancien chef, François Legault, partage ses opinions controversées sur l'existence d'une frange raciste au sein de la députation péquiste.

«Attention: M.Legault m'a dit que quand il était au PQ il y avait effectivement des séparatistes RACISTES», a-t-il lâché sur Twitter.

Dans un autre message publié en matinée, M. Lutfi a poursuivi sa charge à fond de train contre le Parti québécois, laissant entendre qu'«avec un Qc indépendant on va abolir le multiculturalisme (sic)».

Truffée de fautes d'orthographes, la tirade de M. Lufti se décline à travers une quarantaine de tweets. Il se dit aujourd'hui victime de la «langue de bois» qui sévit dans la sphère politique.

La Twittosphère se déchire

Les esprits se sont échauffés sur la plateforme de microblogage. Plusieurs internautes ont répliqué aux prises de position de M. Lutfi, l'accusant entre autres de «québécophobe haineux», d'«idiot» et d'«humoriste».

Sur les ondes de LCN, lundi après-midi, Kamal G. Lutfi a réitéré ses aveux. «Monsieur Legault a compris que la situation était difficile et il dit : "effectivement quand j'étais au Parti Québécois, il y avait des séparatistes racistes». C'est lui qui l'a dit, au téléphone. Qu'il ne vienne pas me dire que ça ne se peut pas, ça se peut», a lancé M. Lutfi.

Ce dimanche, M. Legault avait pourtant vertement dénoncé les propos de son ancien porteur de ballon dans la circonscription de Chomedey.

«On ne peut pas tolérer qu'un candidat dise que les adversaires sont racistes, a-t-il déclaré lors d'une entrevue à TVA Nouvelles. Comme chef de parti, je souhaite qu'on respecte nos adversaires et qu'on ait un débat serein, surtout à l'approche d'une campagne électorale.»

«M. Legault doit être limpide»

Pauline Marois, de passage à Lévis, n'a pas tardé à réagir aux propos tenus par M. Lutfi et aux allégations qu'il a faites. «Il y a des gens passionnés, qui croient en leur projet. Mais il n'y a pas de racisme au sein du Parti Québécois», a-t-elle précisé.

La chef péquiste est d'avis que ce n'est pas seulement à Kamal G. Lutfi à s'excuser. «M. Legault devrait lui aussi s'excuser», croit-elle.

De son côté, le député péquiste de Drummond, Yves-François Blanchette, exhorte le chef de la CAQ de sortir de son mutisme.

«Est-ce que M. Legault a cautionné la conviction de son candidat à l'effet qu'il y a des racistes au PQ? questionne-t-il. Il va falloir qu'il soit le plus limpide possible. On ne peut revendiquer faire de la nouvelle politique et tenir de tels propos», martèle M. Blanchette, qui soutient ne jamais avoir rencontré de racistes au sein de son parti.

L'utilisation de la plateforme de Twitter par les membres de la CAQ soulève plusieurs questions à l'aube d'une probable campagne électorale. Il y a dix jours, François Legault avait lui-même dû s'expliquer à la suite d'un tweet jugé sexiste.

«Les filles attachent moins d'importance au salaire que les garçons», avait écrit le chef de la CAQ dans le cadre d'un échange avec un journaliste à propos de sa proposition électorale d'augmenter le salaire des enseignants. Les esprits s'étaient ensuite échauffés sur le fil Twitter.