/regional/montreal/montreal

Les services de garde en milieu familial craignent le pire

Marie-Renée Bougie-Lemieux

Les responsables de service de garde en milieu familial craignent l'imposition d'une taxe commerciale

Les responsables de service de garde en milieu familial de Sainte-Julie et Saint-Amable craignent de se voir imposer une taxe commerciale par la Ville, comme cela a été le cas à Saint-Jérôme.

Depuis octobre, 18 des 135 responsables de service de garde en milieu familial de Saint-Jérôme doivent payer une taxe sur les immeubles non-résidentiels, rétroactive à 2010. Selon les cas, ils ont dû débourser entre 2000 $ et 600$.

Déterminé par les évaluateurs engagés par la Ville, le montant à payer est calculé selon le pourcentage de la résidence familiale occupé par le service de garde.

«Nous ne sommes pas en mesure de savoir pourquoi certaines responsables doivent payer la taxe et pas d'autres, a indiqué Annie Broekaert, vice-présidente de l'Alliance des intervenantes en milieu familial (ADIM) et responsable nationale du dossier. On s'attend à ce que des responsables ferment leurs portes ou coupent dans l'achat de matériel éducatif. Où iront les milliers d'enfants gardés par ces services de garde en milieu familial ?»

Annie Broekaert, responsable nationale du dossier pour l'ADIM. (Agence QMI)

«Avec cette taxe, j'ai de la misère à croire que les responsables vont être capables d'arriver. C'est leur mettre la corde au cou », a déploré Édith Sirois, qui gère un service de garde en milieu familial à Sainte-Julie. Sa collègue de Saint-Amable, Isabelle Breton, a affirmé qu'une telle mesure nuit à la municipalité qui l'impose.

«Saint-Amable est une ville en expansion et les CPE de notre région sont pleins à craquer. Le fait que notre municipalité ait plusieurs services de garde en milieu familial est un atout considérable pour attirer les jeunes familles à s'établir chez nous.»

Le maire de Saint-Amable, François Gamache, a indiqué que le conseil municipal se penchera sur la question à l'automne. «Pour l'instant, les responsables de service de garde ne sont pas considérés comme faisant du commerce. C'est un dossier que nous étudierons parce qu'il faut s'assurer que c'est équitable pour tout le monde», a indiqué M. Gamache.

Les élus de Sainte-Julie étant en vacances, il n'a pas été possible de connaître leur opinion sur la question. La porte-parole de la Ville, Denyse Journault, a signalé qu'aucune taxation du genre n'avait toutefois été prévue au dernier budget.

La conseillère en communication du ministère des Affaires municipales, Émilie Lord, a expliqué que les évaluateurs identifient eux-mêmes leurs paramètres, sans interférence du ministère.

Outre la Ville de Saint-Jérôme, des responsables de services de garde en milieu familial de Québec, Blainville, Mascouche et L'Ange-Gardien ont également reçu un compte de taxe sur les immeubles non résidentiels.