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Une année en or pour le secteur aurifère

TVA Nouvelles

Simon Lord
Argent

L'industrie de l'extraction aurifère pourrait fracasser des records en 2012. Osisko, une minière basée à Montréal, en témoigne et vient de compléter l'installation d'un nouveau concasseur qui fera augmenter la cadence de production de sa mine Canadian Malartic, près de Val d'Or.

« Il y a quelques semaines, nous traitions entre 40 000 et 45 000 tonnes de ressources par jour. Avec l'entrée en fonction de ce deuxième concasseur, nous passerons à 55 000 tonnes », dit Hélène Thibault, directrice des communications.

La machine, un véritable monstre mécanique de 35 M$, est entrée en fonction il y a quelques semaines. La construction avait débuté au cours de l'automne. L'installation et le protocole d'essai se sont terminés au cours des deux dernières semaines de juillet.

« Il s'agit du plus gros concasseur conique au monde. La machine sert à casser la roche pour en faire de plus petits morceaux. Il est ensuite plus facile d'en extraire l'or et l'argent », dit Mme Thibault.

Rouler sur l'or

Osisko n'est pas la seule minière qui connaît de bons moments. L'industrie aurifère au complet est en effervescence. Les revenus du secteur pourraient atteindre un sommet cette année. Dopés par un prix de l'or plus fort que jamais, les producteurs ont la pédale au plancher. La quantité totale extraite du précieux métal montra en flèche.

En 2012, les expéditions d'or devraient atteindre un total de 41 479 kilogrammes, une hausse de plus de 50% par rapport à l'année dernière, selon des prédictions de l'Institut de la statistique du Québec.

Les expéditions minières représentent la valeur des ventes des établissements miniers. Elles peuvent donc être légèrement différentes de la production minière en fonction de l'accumulation ou de la liquidation de stocks.

Au total, une valeur équivalente à 2 G$ sera mise en marché cette année, seulement pour le secteur aurifère. L'an dernier, ce chiffre se situait plutôt aux alentours de 1,3 G$.

Les expéditions les plus importantes depuis 26 ans ont été réalisées en 1991. Elles s'élevaient à 50 000 kilogrammes, ce qui équivaut à environ 900 M$. Entre 1991 et 2005, ces chiffres étaient tous deux tombés de moitié.

Environ 3000 personnes travaillaient dans le secteur aurifère l'an dernier, une hausse de 50% par rapport à 2010, pour des salaires totaux de près de 200 M$.

Le beau temps avant la pluie?

Les années à venir pourraient toutefois être moins reluisantes. L'économie américaine devrait retrouver une croissance soutenue d'entre 3% et 4% d'ici moins de deux ans, selon certains analystes. L'économie mondiale devrait aussi aller mieux.

« L'or se transige à 1604,50$ l'once. Au moment où l'économie redémarrera, le métal perdra son attrait en tant que valeur refuge. Le prix de l'or pourrait passer sous la barre des 1000$ », prédit François Barrière, vice-président aux marchés internationaux à la Banque Laurentienne.

Cela signifierait moins d'exploration et de profits pour les minières, quoique pas nécessairement des fermetures d'entreprises ou des baisses de production draconiennes.

« Le plancher de rentabilité de bien des aurifères se situe à 300$ l'once. Certaines utilisent des procédés plus complexes ou exploitent des gisements plus difficiles d'accès. Celles-là battront peut-être de l'aile, mais en général, l'extraction se poursuivra », dit M. Barrière.

La moitié de la nouvelle production d'or est utilisée pour la joaillerie, alors que 10% trouve une utilisation industrielle. Les 40% restants sont reliés à la demande d'or en tant que valeur refuge.

Un total de 165 000 tonnes d'or ont été extraites du sol au cours de l'histoire de l'humanité, selon Oilprice.com.