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Avis aux intéressés: l'Îlot Voyageur est à vendre

Andrew McIntosh

Le gouvernement du Québec met en vente une partie du tristement célèbre Îlot Voyageur, un des plus importants éléphants blancs de l'histoire du Québec. Un pavé dans la mare en pleine campagne électorale.

Le gouvernement, par la voie de la Société immobilière du Québec, veut ainsi récupérer une partie des 300 millions $ et plus de fonds publics que ce projet a siphonnés depuis 2005. La SIQ met seulement en vente la portion nord du site comprise entre les rues Berri, Ontario et Saint-Hubert.

Étonnamment, la société d'État exige de tout acheteur potentiel qui manifestera son intérêt à signer un engagement de confidentialité avant même d'avoir accès aux informations relatives à la structure de béton abandonnée abritant un escalier roulant ne menant nulle part.

(archives, Journal de Montréal)

Deux courtiers immobiliers de Montréal, soit Sylvain Bernèche (Courtier RCSI) et Robert MacDougall (Jones Lang Lasalle Services immobiliers), ont été embauchés pour s'occuper de la vente, peut-on lire dans un « avis requérant la manifestation d'un intérêt sollicitant des renseignements » publiés dans les journaux, lundi.

La SIQ a fixé la date du 28 septembre pour le dépôt des lettres d'intention répondant à ses exigences. La Ville de Montréal évalue la portion de l'Îlot à vendre à 29,6 millions $.

Le projet de l'Îlot Voyageur avait été amorcé par l'UQAM et un promoteur immobilier, Busac, en 2005 afin d'y loger des étudiants et y installer des espaces de stationnement. Toutefois, le projet s'est transformé en un énorme désastre financier qui a presque mené l'université à la faillite. Puis, le gouvernement du Québec est intervenu et a racheté le tout pour 200 millions $.

En 2008, un rapport du Vérificateur général du Québec de l'époque, Renaud Lachance, a blâmé l'ancien recteur de l'UQAM Roch Denis, l'ex-vice-recteur Mauro Malservisi et Nicolas Buono, directeur des investissements, pour leur mauvaise gestion des projets immobiliers de l'université.

M. Lachance a affirmé que l'UQAM avait lancé ce projet sans obtenir des garanties suffisantes concernant le financement et sans une analyse sérieuse de sa rentabilité. Il a, notamment, accusé Mauro Malservisi et Nicolas Buono d'avoir fourni des données incomplètes et inexactes au conseil d'administration de l'université.

Roch Denis avait déjà démissionné de son poste de recteur de l'UQAM en décembre 2006. Mauro Malservisi et Nicolas Buono ne travaillent plus pour cet établissement d'enseignement.