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L'approche 2.0 de Catherine Dorion

Charles D'Amboise

«Mon but pour la campagne actuelle, c'est de surprendre», indique avec conviction Catherine Dorion, candidate du parti souverainiste Option natinale dans le comté de Taschereau, à Québec.

Huit jours après avoir lancé un extrait vidéo de six minutes sur les réseaux sociaux, la jeune femme fait désormais parler d'elle à travers la province puisque ladite vidéo s'est hissée au troisième rang canadien des vidéos les plus visionnées sur YouTube, la semaine dernière.

La vidéo mise en ligne par Catherine Dorion était l'une des plus populaires sur YouTube. (Crédit: YouTube)

Rencontrée par l'Agence QMI dans une brûlerie en plein coeur du dynamique quartier Nouvo Saint-Roch, la candidate du parti mené par l'ex-député péquiste Jean-Martin Aussant est enchantée du «buzz» médiatique créé par la vidéo, vue plus de 92 000 fois.

Le court-métrage présente la candidate qui dénonce l'opportunisme politique des vieux partis. «René Lévesque disait qu'un parti devrait durer une génération, après quoi il ne veut que s'approprier le pouvoir», souligne-t-elle.

La candidate, qui a complété une maîtrise en sciences politiques au King's College de Londres, y révèle également ses différentes expériences de vie : de comédienne dans l'Auberge du chien noir, à mère depuis quelques mois, en passant par ses expériences de voyage qui l'ont aidée à s'ouvrir sur le monde.

Café allongé à la main, Catherine Dorion débute la conversation en s'attaquant au cynisme de la politique québécoise. «On cherche à comprendre pourquoi les gens ne s'intéressent pas à la politique. Tout ce qui se passe actuellement est relié au cynisme, affirme-t-elle. Au niveau individuel, c'est comme si tu sortais avec une fille depuis un an et qu'elle te volait quand tu n'es pas là, mais que même si tu sais qu'elle est malhonnête, tu ne peux pas t'en débarrasser.»

Comme le parti Option nationale en est à sa première campagne électorale, il tente d'utiliser les médias sociaux et le bouche à oreille pour s'adresser aux électeurs. «À part lorsqu'on s'adresse aux électeurs en personne, notre seul moyen de communiquer, c'est internet», assure Mme Dorion. Cette approche 2.0. explique fort probablement les statistiques du sondage Léger Marketing publié dans le quotidien Le Devoir le 10 août dernier : on y apprenait qu'Option nationale décrochait 9% des intentions de vote chez les 18-24 ans, très actifs sur le web.

Lorsqu'on questionne la candidate sur ce qu'Option nationale souhaite offrir au Québec, elle résume le contenu politique de son parti à trois éléments : l'indépendance, la sincérité et l'intégrité. Pour ce qui est de son comté, elle souhaite encourager le tremplin culturel que le centre-ville de Québec est en train de vivre, pour que la ville devienne une capitale «mondiale et culturelle».

«Ça pourrait devenir un peu ce que le Plateau Mont-Royal représente à Montréal, mais en version moins gentrifiée», explique-t-elle.

Même si l'équipe de campagne de Catherine Dorion l'encourage à envisager la victoire, la candidate souhaite rester modeste et surtout, tout faire pour «surprendre». «Il pourrait arriver un rebondissement comme avec le NPD lors des dernières élections fédérales», expose-t-elle. Il faut dire que la circonscription de Taschereau est reconnue comme étant un château fort péquiste : le comté est défendu par Agnès Maltais depuis 1998.

En sortant du café, la candidate se fait approcher par un homme qui lui tend la main. «Merci pour que vous faites, ça fait du bien», lui dit-il. Touchée, la candidate le remercie chaleureusement.

- Cela vous vous arrive souvent?

- «Souvent depuis la sortie de la vidéo, répond-t-elle. C'est assez motivant.»