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Son corps ne suivait plus

Nicolas Lachance

Fatigué, affamé et le visage enflé à cause des piqûres d'insectes, Frédéric Dion a décidé de se reposer pendant deux jours avant de continuer son périple solitaire.

Après avoir été déposé par un hydravion, seul, dans le Nord-du-Québec afin de retrouver par lui-même la civilisation, l'aventurier Frédéric Dion a décidé de prendre une petite pause, question de reprendre des forces.

Un chalet sur sa route

Vendredi en fin d'après-midi, il a découvert un chalet. «Je me suis réfugié dans le chalet parce que, pour moi, ça voulait dire de la chaleur, un sac de couchage, un lit», a dit l'homme via son téléphone satellite, qui se réjouissait de ne pas avoir à alimenter un feu toute la nuit.

«Il y avait un peu de nourriture à l'intérieur», décrit Frédéric Dion. «La majeure partie était complètement avariée, mais il y avait quand même des arachides, des peppermints et des sachets de soupe.»

Cependant, après s'être nourri convenablement, le corps de Frédéric lui a joué un mauvais tour. «Habituellement, au repos, mes pulsations cardiaques sont à 37, mais là elles étaient à 75. C'était plus que le double», dit l'aventurier, aussi marathonien. «Je ne me sentais pas bien du tout. Je crois que mon corps m'a lancé un signal et que je devais me reposer.»

Il en a d'ailleurs profité pour se sculpter une nouvelle rame pour affronter la rivière avec prudence. « Lorsque je pense que je pourrais avoir de l'eau par-dessus la tête en chavirant, je débarque et je contourne le rapide », assure-t-il.

Un ours rôde

«Par ailleurs, un ours rôde autour du chalet depuis qu'il est arrivé. «Je n'ai pas peur, mais j'essaie de le faire partir à l'aide d'une carabine trouvée dans le chalet.»

À l'intérieur du chalet, Frédéric a découvert une carte de la région avec un point rouge indiquant l'endroit où il se situait. Il est près, selon lui, de la communauté autochtone de Mashteuiatsh.

«Je descends présentement la rivière Péribonka», signale l'homme de 34 ans. «Je sais maintenant qu'il me reste environ 120 kilomètres avant de trouver une première route et la civilisation», estime ce dernier.

Dur début

Avant de trouver ce chalet, les choses avaient mal commencé pour Frédéric. «En cinq jours, j'ai réussi à pêcher quatre petites truites. La plus grosse faisait huit pouces et la plus petite était grosse comme un doigt», souligne M. Dion.

Il a donc décidé d'installer des collets pour attraper des bêtes, mais au petit matin, tout avait été arraché. «Je me suis fait voler ma proie soit par un loup, un ours ou un carcajou», croit-il. Il est par contre très impressionné par l'endurance du corps humain.