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La dame de fer entreprend son long voyage vers l'Angleterre

David Penven

Vendredi, on a pu assister à un spectacle hors de l'ordinaire à Exporail, le Musée ferroviaire canadien, lorsque la dame de fer est sortie lentement de son hangar.

Ce mastodonte, dont les courbes aérodynamiques semblent alléger son poids, était tracté par une locomotive à vapeur à la taille bien modeste en comparaison. Cette géante qui a connu son heure de gloire s'apprêtait à prendre la mer à destination de l'Angleterre.

(Agence QMI)

L'imposante locomotive à vapeur Dominion of Canada de 1937 a été prêtée au National Railway Museum à York, en Grande-Bretagne. La locomotive fera partie des commémorations du 75e anniversaire du record mondial de vitesse des locomotives à vapeur, qui auront lieu en sol britannique en 2013.

Plusieurs étapes

La sortie de la Dominion of Canada et de son «tender», c'est-à-dire le wagon servant à l'approvisionnement en eau et en charbon de la locomotive, s'est faite en plusieurs étapes.

La réplique de la locomotive à vapeur John Molson, de 1848, a dans un premier temps sorti la dame de fer de son hangar. Une fois à l'extérieur, sous la pluie, la dame de fer a été poussée par une locomotive du CN datant des années 1940 et employée pour les manœuvres dans les cours de triage. Elle fut conduite jusqu'au pont tournant du musée, une plate-forme circulaire qui permet aux trains d'emprunter d'autres voies ferrées. Puis, la locomotive avec son tender furent de nouveau dirigés vers une plate-forme sur rail pour entreprendre son voyage en chemin de fer vers Halifax où elle est attendue.

«La Dominion of Canada sera de retour à Exporail en 2014. Les spécialistes du National Railway Museum vont la restaurer. Elle sera repeinte en bleue garter, tel qu'elle fut à l'origine», a expliqué Bruno Cordellier, agent de communication à Exporail.

Pour le conservateur du musée, Jean-Paul Viaud, ce prêt à une institution aussi prestigieuse constitue une plus-value pour Exporail. «Pour nous, c'est l'occasion d'établir des liens avec le monde du chemin de fer britannique dont une partie du patrimoine canadien tire ses origines. C'est aussi une occasion qui contribue à la notoriété d'Exporail qui présente la plus grande collection ferroviaire du Canada. Nous espérons pouvoir créer d'autres liens de ce type», a-t-il dit.

La Dominion of Canada était la locomotive la plus rapide à l'époque, aucun autre engin sur rails ne pouvait rivaliser avec elle.

Dessinée par Nigel Gresley (1876-1941), ingénieur-chef mécanicien, la locomotive 4489 fait partie des premières locomotives à vapeur à présenter un design profilé pour la haute vitesse et à incarner la modernité en Angleterre dans les années 1930.

Cinq locomotives de la série A4, assignées aux trains à grande vitesse assurant la liaison entre Londres et Édimbourg en 1937 (le Coronation), ont été baptisées d'après les noms de pays faisant partie de l'Empire britannique.

D'abord appelée Woodcock, la locomotive 4489 devient alors la Dominion of Canada et s'identifie facilement avec ses armoiries canadiennes et son sifflet, offert par le Chemin de fer du Canadien Pacifique.

Par la suite, l'ajout d'une cloche, don du Canadien Pacifique également, permet à la Dominion de se distinguer encore un peu plus des autres locomotives britanniques. Après la Seconde Guerre mondiale, lors de la nationalisation du réseau ferroviaire britannique, la Dominion of Canada se voit attribuer le numéro 60010 pour remplacer le 4489 qu'elle détenait initialement.