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Une fortune pour les contribuables!

Véronique Prince

Combien de fois avez-vous entendu parler d'une fuite de gaz, causée par des travaux? Au Québec, ça arrive des milliers de fois par année. On note d'ailleurs une hausse record au mois d'août de bris sur des infrastructures souterraines.

Il semble que les entrepreneurs, à l'approche de la rentrée, subissent énormément de pression pour terminer leurs travaux rapidement. Pressés par leurs échéanciers serrés, plusieurs ne s'informent pas adéquatement des conditions d'excavation.

En moyenne, cinq bris de conduites de gaz, de fils électriques ou d'infrastructures souterraines surviennent chaque jour dans la province. TVA Nouvelles a appris que les coûts directs et indirects varient entre 15 et 20 millions de dollars pour les contribuables.

Des centaines d'appels chez les pompiers

Chaque année, le Service des incendies de Montréal répond à environ 400 appels d'urgence concernant les fuites de gaz. Entre six et huit équipes de pompiers sont alors déployées sur le terrain, en cas d'évacuation du secteur. Selon nos informations, leurs déplacements pour ce genre d'événement coûtent 2 millions de dollars aux Montréalais annuellement.

«De notre côté, c'est aussi plus de 2 millions de dollars par année qu'on facture à des entrepreneurs ou à des personnes qui ont causé des bris sur nos infrastructures», explique Éric Clément, chez Gaz Métro.

«C'est sûr qu'on essaye de faire de notre mieux», réplique Xavier Buteau, un inspecteur chez Ingémax que nous avons rencontré sur un chantier à Sainte-Thérèse. Lors de l'excavation, les travailleurs ont accroché des fils électriques de Bell Canada. «À la grosseur des machineries qu'on utilise, c'est sûr qu'inévitablement quand il y a une conduite de quelques pouces de largeur, c'est fragile», ajoute-t-il.

Un projet de loi réclamé

Avant de creuser, les entrepreneurs doivent se renseigner sur ce qui se trouve dans le sol. Une loi existe d'ailleurs à cet effet. Cependant, l'Alliance pour la protection des infrastructures souterraines considère qu'elle manque de mordant. À plusieurs reprises dans le passé, cette législation s'est avérée inefficace. L'organisme réclame donc un système d'information obligatoire.

«Ceux qui ont des conduites souterraines se devront de documenter leur réseau et de donner l'information à un centre d'appel provincial unique. Nous ce qu'on voudrait c'est que la législation soit beaucoup plus claire, qu'il y ait plus de rigueur», explique Nathalie Moreau.

L'Ontario vient d'ailleurs tout juste d'adopter un projet de loi semblable. Québec subira certainement de la pression cet automne pour s'en inspirer.