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Les dépenses de Claude Benoît sont vivement critiquées à Ottawa

Andrew McIntosh

La décision prise par la présidente de la Société du Vieux-Port de Montréal, Claude Benoît, de dépenser 15 000 $ en fonds publics pour faire du lobbying dans le but de prendre la parole lors des «Midis-conférences Femmes d'influence» est inacceptable, a affirmé lundi la ministre des Travaux publics, Rona Ambrose.

La ministre Ambrose a condamné la décision de Mme Benoît durant la période des questions, lundi, à la Chambre des communes. C'était la deuxième fois depuis avril que la ministre faisait une telle sortie contre les dépenses de Mme Benoît à la suite de reportages publiés par l'Agence QMI.

Pourquoi Claude Benoît a-t-elle embauché dans son intérêt personnel le cabinet de relations publiques National pour qu'il fasse du lobbying? a demandé le député néo-démocrate Alexandre Boulerice à la ministre Ambrose. Le député de l'opposition a pressé Mme Ambrose de dire si elle croyait que de telles dépenses étaient admissibles.

Claude Benoît, Agence QMI.

«Le mauvais exemple vient de haut», a affirmé le député de Rosemont-La-Petite-Patrie, faisant référence aux milliers de dollars dépensés alors que la Société du Vieux-Port de Montréal était en phase de supprimer des emplois. «On a même payé 1000 $ une firme externe pour obtenir une entrevue», a ajouté le député.

Rona Ambrose a spécifié qu'elle croit, elle aussi, que les dépenses recensées par l'Agence QMI sont inacceptables. «Sur ce point, je partage l'indignation du député», a lancé la ministre. Surpris, André Boulerice a remercié Mme Ambrose - une députée conservatrice de la région de l'Alberta - de se montrer concernée par le gaspillage des fonds publics.

Rona Ambrose a souligné que, depuis la publication en avril dernier des premiers reportages de l'Agence QMI sur la Société du Vieux-Port de Montréal, elle avait demandé à ce que le vérificateur général du Canada effectue une vérification spéciale dans les finances de la Société, dans ses activités de location et dans sa gestion des ressources humaines. La ministre Ambrose a également affirmé avoir mandaté la firme comptable Ernst and Young pour surveiller les dépenses effectuées par la Société.

«Malheureusement, ces dépenses (de lobbying pour prendre la parole lors des "Midis-conférences Femmes d'influence") ont eu lieu avant que nous ayons recours à ces mesures extraordinaires», a ajouté Mme Ambrose.

Une adjointe de la ministre a affirmé à mots couverts que le ministère était «de plus en plus alarmé» par ces informations faisant état de dépenses inappropriées effectuées à la Société d'État.

En fait, des rumeurs circulant à Montréal et à Ottawa indiquent que Mme Benoît, tout comme la Société du Vieux-Port de Montréal, étaient sur le point d'atteindre «la fin de leur durée de vie utile».

Le quotidien anglophone National Post avait rapporté ce mois-ci que le cabinet Harper comptait incorporer les activités financières de la Société du Vieux-Port de Montréal, qui opère à perte, à celles de sa société mère, la Société immobilière du Canada. Amber Irwin, une porte-parole de la ministre Rona Ambrose, a toutefois refusé de commenter ces informations.

Jacques Gourde, député conservateur de Lotbinière-Chute-de-la-Chaudière, a déploré les nouveaux excès de Mme Benoît, mais a expliqué que le gouvernement ne sévira pas, tant que le rapport du vérificateur général ne sera pas entre ses mains.

«Nous trouvons inadmissible ce genre de dépenses et ça vient réitérer notre position, sur pourquoi nous avons demandé au vérificateur général du Canada de faire enquête.»

avec la collaboration d'Annie Dufour