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Un autre revers pour Isabelle Gaston

TVA Nouvelles

Dur coup pour Isabelle Gaston, l'ex-conjointe de Guy Turcotte, qui a appris que celui qui a été reconnu non responsable criminellement du meurtre de ses deux enfants peut se promener à bicyclette seul et en toute liberté.

Contactée par une amie, Mme Gaston a appris par celle-ci que son ex-conjoint pouvait maintenant circuler comme bon lui semble à vélo. Pour elle, ç'a été tout un choc.

«Même si on s'attend à une nouvelle comme ça un jour ou l'autre, j'ai eu comme une décharge d'adrénaline. Je me suis sentie mal, les jambes un peu molles et le pouls qui s'accélère», a-t-elle dit en entrevue avec Denis Lévesque.

Une grande déception pour la maman des deux jeunes victimes qui tenait à ce que Turcotte reste le plus longtemps possible à l'Institut Pinel.

«Ce serait bien, pour Olivier et Anne-Sophie, à qui il a enlevé la vie, qu'il explore le pourquoi il s'est rendu jusque-là. Pourquoi une simple séparation, quand 50% des gens vont se séparer, a déclenché chez lui le fait qu'il a tué ses enfants d'une manière aussi atroce?», ajoute-t-elle.

Toutefois, comme Guy Turcotte ne semble pas suivre de thérapie, Mme Gaston considère qu'il s'agit d'une perte de temps et d'argent de le laisser à l'institution psychiatrique considérant qu'il ne souhaite pas vraiment guérir.

Mauvais diagnostic?

Pour Isabelle Gaston, qui est aussi médecin, Guy Turcotte serait atteint d'un trouble d'adaptation. Selon elle, une telle maladie n'aurait jamais pu entraîner un verdict de non-responsabilité criminelle puisque, en aucun cas, les personnes atteintes de cette maladie ne perdent le contact avec la réalité.

«Moi à la base je ne pense pas qu'il a une maladie. Il a un trouble d'adaptation. [...] Ce n'est pas une maladie qui ne nous permet pas de juger de la nature et de la qualité des actes et de savoir qu'ils étaient mauvais», a-t-elle diagnostiqué.

Une place trop importante pour les psychiatres

Pour Isabelle Gaston, la médecine a joué un rôle trop grand rôle dans le procès de son ex-mari. Ajoutant que l'on devrait «dissocier la médecine du droit».

«Le juge doit prendre la décision de dire s'il a une maladie mentale selon l'article 16, mais il ne faut pas se le cacher, ce sont les psychiatres qui vont défiler devant lui qui vont le convaincre de prendre cette décision», déplore-t-elle.

Pour Mme Gaston, le recours aux experts dans un procès provoque certaines injustices puisqu'il ne trace pas un portrait complet comme il devrait le faire.

«L'expert qui vient à la cour a le mandat d'éclairer le tiers décideur, il a le mandat d'être neutre. Ne pas prendre pour un parti ou ne pas prendre pour un autre.»

Mme Gaston conclut en disant que les avocats ne devraient pas pouvoir choisir le spécialiste qui viendra plaider sa cause.

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