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200 000 abeilles sur le toit de l'UQAM

Emmanuel Delacour

Les abeilles de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) ont trouvé un nouveau toit au sommet du pavillon de design, là où les visiteurs peuvent venir les observer en toute sécurité.

Derrière une baie vitrée, les curieux peuvent voir venir et aller les 200 000 abeilles qui, depuis deux ans, résident entre les murs de l'université.

Précédemment logée dans le pavillon des sciences, une équipe de chercheur, dirigée par Éric Duchemin, professeur en sciences de l'environnement, a travaillé à monter ce projet.

«Les abeilles vont désormais rester sur le toit à longueur d'année. Elles sont capables de survivre au froid, qui ne les empêche pas d'ailleurs de se reproduire. Leur cycle de vie ne sera donc pas interrompu», a expliqué M. Duchemin.

À l'occasion de l'ouverture de cette installation, les apiculteurs en ont profité pour informer les visiteurs sur l'abeille, sur son milieu naturel et sur sa demeure: la ruche.

Mieux connaître l'abeille en ville

L'idée derrière ce projet est bien entendu scientifique. «Nous voulons découvrir quel type de pollen préfère les abeilles urbaines, afin d'encourager les fleurs et plantes qui encourageront la pollinisation», a souligné M. Duchemin.

En effet, faciliter la vie aux abeilles en ville assure une plus grande biodiversité, un avantage concret et direct pour les humains.

«S'il y a meilleure pollinisation, les potagers maraîchers seront plus généreux», a affirmé M. Duchemin.

Les scientifiques cherchent aussi à découvrir si l'insecte est capable de produire du miel sans qu'il soit contaminé par la pollution urbaine. Bien que les résultats ne soient pas encore complets, le professeur ne s'inquiète pas. «La même recherche a été faite à Paris et le miel n'était pas contaminé», a-t-il assuré.

Par ailleurs, bien que les principaux objectifs des ruches de l'UQAM soient la recherche et l'éducation publique, les butineuses ne se privent pas de produire un miel plus que respectable, «avec une touche épicée au goût», a fait remarquer le professeur.

De plus, ceux qui, au contact des bourdonneuses, auront la piqûre de l'apiculture pourront aussi trouver de l'information à propos de la culture des abeilles en ville. Le CRAPAUD, un comité du Groupe de Recherche d'intérêt public, est partenaire du projet et offre des formations sur ce type d'agriculture urbaine.