/finance/homepage

Le promoteur d'un monorail électrique courtise les maires

TVA Nouvelles

Photo : Reuters

David Penven
Agence QMI

La coopérative TrensQuébec caresse le rêve d'un monorail électrique suspendu, pouvant accueillir entre 60 et 70 passagers, se déplaçant à 250 km/h et effectuant la liaison Montréal-Québec en une heure environ.

Les représentants de la coopérative sillonnent la province en vue de faire connaître leur projet et chercher le financement qui s'y rattache. Ils étaient récemment de passage à la réunion des maires de la MRC du Roussillon à Saint-Constant.

L'instigateur du projet, Jean-Paul Marchand, originaire de Québec et ancien député du Bloc québécois est persuadé que ce type de transport représente le moyen de locomotion de l'avenir.

Le mode de propulsion du réseau de monorail suspendu sera actionné par le moteur-roue, une idée développée et conçue en 1994 par Pierre Couture, physicien québécois et qui avait fait grand bruit dans les médias à cette époque.

«Je connais Pierre que j'avais rencontré lors du dévoilement de son invention, a expliqué M. Marchand. Il m'a parlé de son projet de monorail, il y a quatre ans. J'ai trouvé son idée excellente. Le potentiel de ce projet est très grand au Québec pour régler les problèmes de transport.»

Quant à la commercialisation de ce projet sur la scène internationale, Jean-Paul Marchand est d'avis qu'il est phénoménal. «Qu'on pense aux liaisons entre les aéroports et les centres-villes, comme à Montréal, a-t-il mentionné. On pourrait relier Dorval au centre-ville en moins de 10 minutes.»

En plus d'être écologique, le monorail Trensquébec (TQ) dont les véhicules circulent au-dessus d'une dizaine de mètres du sol suspendu par des rails fixés à des pylônes serait facile d'installation.

«Le TQ pourra s'installer pratiquement n'importe où : sur le terre-plein d'une autoroute, au milieu d'un boulevard urbain ou encore se fixer en porte-à-faux sur un pont existant pour traverser une rivière», a-t-il ajouté.

Le monorail pourrait aussi servir de ligne pour acheminer des marchandises.

Projet de 225 millions $

Les maires qui ont assisté à la présentation semblaient relativement intéressés. Il faut dire que plusieurs questions restent en suspens et que le montant exigé pour la création d'un centre de recherche et d'un banc d'essai de 5 km pour tester les véhicules se chiffrerait à 225 millions $. À cela, il faudra compter entre quatre et cinq ans pour la mise au point du TQ.

Le maire de Saint-Constant, Gilles Pepin, a indiqué que si ce centre devait voir le jour, la municipalité se ferait un plaisir de l'accueillir.

Malgré tout, Jean-Paul Marchand reste persuadé que son projet demeure compétitif par rapport à d'autres moyens de transport projetés, dont la mise en place d'un TGV reliant Montréal-Québec.

Selon l'Institut de recherche en économie contemporaine, le TQ coûtera environ 12 millions $ le kilomètre à construire entre Montréal et Québec contrairement au TGV dont les déboursés sont estimés à 35 millions $ le kilomètre.

M. Marchand a indiqué que la Ville de Sherbrooke où le projet a été présenté avait été séduite.

Par ailleurs, pas question de s'associer avec des firmes privées, histoire de faire en sorte que le développement et les brevets demeurent au Québec. Le fondateur du Trensquébec veut aussi s'assurer que les revenus générés par l'exportation du monorail soient réinvestis dans la recherche et l'amélioration du système.