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S'éclairer à la chandelle pour s'en sortir

Benoit Chevalier

Certaines personnes défavorisées qui tentent de réduire leur facture d'électricité s'inquiètent de la hausse des tarifs d'Hydro-Québec de 3,3%, prévue le 1er avril.

«Normalement, on ne chauffe pas la nuit, a confié la locataire d'un logement de Saguenay. Je dors avec une bouillotte d'eau chaude et on prend deux bains par semaine. On se lave à la débarbouillette.»

En plus de réduire le nombre de douches, le couple qui vit de l'aide social utilise un foyer électrique pour réchauffer leur logement. L'hiver, ils quittent leur appartement pour se faire héberger chez d'autres membres de leur famille.

«On coupe déjà sur l'épicerie, où est-ce qu'on va couper là?» s'est inquiétée cette Saguenéenne.

«La personne qui gagne plus devrait payer selon ses moyens», selon son conjoint.

S'éclairer à la chandelle

Une femme qui vit seule au Lac-Saint-Jean ne ménage pas non plus ses efforts pour minimiser sa facture d'électricité. Elle a d'ailleurs accueilli l'équipe de TVA Nouvelles chez elle, avec des bottes d'hiver aux pieds.

C'est généralement à la lueur d'une chandelle qu'elle s'éclaire le soir venu.

Elle a volontairement retiré les ampoules de plusieurs luminaires et tente d'éviter les pertes de chaleur en mettant de la laine isolante à plusieurs endroits de son domicile, notamment autour de ses électroménagers.

Elle enrage elle aussi à l'idée de payer plus cher son électricité.

«Pour ceux qui ont de l'argent, il n'y a rien là, mais lorsque tu essaies de survivre, c'est quelque chose», a-t-elle commenté.

Pour la coordonnatrice de Loge m'entraide, Sonia Côté, s'éclairer à la chandelle est inconcevable en 2013. Même s'il s'agit d'exceptions, selon elle, ces témoignages sont encore trop présents.

«Une dame me racontait mettre ses degrés à 17 la nuit et à 20 le jour. Elle porte trois chandails le jour pour être capable de se réchauffer, ce n'est pas normal, a-t-elle déploré. C'est une question de dignité humaine.»

Pour Mme Côté, la situation actuelle découle en partie du manque d'accès aux logements sociaux. Les personnes à faible revenu habitent souvent de vieux appartements, parfois mal isolés.

Loge m'entraide demande au gouvernement de construire 50 000 logements sociaux au cours des cinq prochaines années au Québec, dont 900 à Saguenay et 220 à Alma.