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Le Sommet sur l'enseignement supérieur n'est pas une bonne formule

Ewan Sauves

La formule actuelle du Sommet sur l'enseignement supérieur est «dangereuse», selon le nouveau recteur de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), Robert Proulx.

À moins d'une semaine du Sommet, il se dit «très inquiet» et déplore la méthode employée par le Parti québécois (PQ).

«Ça impose de nombreuses contraintes, ça regroupe plein de personnes qui ont des intérêts divergents, c'est court et ça risque de semer la confusion», a-t-il dit mercredi.

Surtout, M. Proulx doute qu'une réflexion sérieuse sur le rôle des universités découle de cette consultation.

«Les droits de scolarité et le développement des universités sont deux questions fort différentes et le problème, c'est qu'on les a mises en pleine confrontation, regrette Robert Proulx. Quelqu'un qui poursuit des objectifs pour les étudiants et l'accessibilité aux études va aller à l'encontre du développement des universités pour faire prévaloir son point de vue. C'est ça qui est dangereux.»

Selon le nouveau recteur, entré en fonction le 7 janvier pour un mandat de cinq ans, le gouvernement doit assurer aux établissements universitaires un financement «adéquat» pour qu'ils puissent accomplir leur mission d'éducation et de recherche.

Gratuité scolaire, indexation, gel ou hausse, peu importe, dit M. Proulx, puisque le vrai débat n'est pas centré autour des droits de scolarité.

Les droits de scolarité «relèvent d'un projet de société, selon lui. Rien ne changera le fait qu'il faut réinvestir dans les universités pour permettre à ce réseau de collaboration d'accomplir sa mission et ses objectifs de développement social.»

Contre les idées de la CAQ

Le recteur a par ailleurs rejeté «farouchement» les propositions de la Coalition avenir Québec, qui suggère, par exemple, de moduler les frais de scolarité en fonction des programmes et d'accorder des budgets supplémentaires aux universités dotées d'équipes de recherche de renom.

Tout système éducatif à deux vitesses, préconisant la compétition plutôt que la collaboration, serait voué à l'échec, selon lui.

«C'est un leurre de penser ça. Plusieurs recherches sont faites conjointement avec d'autres universités sur le territoire montréalais, a-t-il dit. Toute tentative de créer artificiellement des catégories d'universités aura pour effet de rendre certaines institutions incapables de poursuivre leur développement et ça aurait un effet catastrophique sur la recherche.»