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Le côté ténébreux de Mère Teresa

TVA Nouvelles

Mère Teresa n'était pas une sainte, selon un article scientifique rédigé par trois professeurs de l'Université de Montréal, qui sera publié dans l'édition de mars de la revue Studies in Religion/Sciences religieuses.

«Je trouve ça désolant pour les croyants, mais il faut faire avec», a lancé le professeur au Département de psychoéducation de l'Université de Montréal et coauteur de l'article, Serge Larivée.

Le texte Les côtés ténébreux de Mère Teresa, rédigé par M. Larivée et ses collègues Carole Sénéchal et Geneviève Chénard, «déboulonne le mythe d'altruisme et de générosité accolé au personnage», pour conclure «à la construction d'un personnage auréolé de sainteté», selon un communiqué publié sur le site de l'Université de Montréal.

Pour leur démonstration, les chercheurs ont répertorié 502 ouvrages consacrés à la vie et l'œuvre de mère Teresa et consulté 287 ouvrages, après avoir éliminé les doublons.

Les auteurs font état de «sa manière pour le moins discutable de soigner les malades; ses contacts politiques douteux; sa curieuse gestion des faramineuses sommes d'argent qu'elle a reçues et un dogmatisme excessif notamment à l'égard de l'avortement, de la contraception et du divorce», qui sont tous des problèmes dont le Vatican, disent-ils, n'a pas tenu compte dans le processus de béatification.

Souffrance

«Les soins qu'elle offrait étaient fondés sur la souffrance. Pour elle, la souffrance humaine était importante, car plus on souffrait plus on se rapprochait du Christ», a révélé Serge Larivée.

Selon l'auteur, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a même eu des craintes d'une épidémie tellement les soins étaient inappropriés.

Elle aurait reçu plusieurs centaines de millions de dollars, affirme M. Larivée et plutôt que d'aider les moins nantis, elle aurait construit des monastères pour ses sœurs et aurait donné le reste au Vatican.

«Ella a frayé avec à peu près tous les dictateurs de la terre de l'époque. Ella reçu de l'argent, vous n'avez pas idée», a insisté M. Larivée.

Dans l'article, les auteurs soulignent notamment que mère Teresa avait ouvert 517 missions pour accueillir les pauvres et les malades dans plus de 100 pays, qui étaient qualifiés de mouroirs par des médecins qui en avaient visité plusieurs à Calcutta, en Inde.