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Les «meilleurs emplois du monde»: l’Australie remet ça

TVA Nouvelles

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Pour la deuxième fois en cinq ans, Tourism Australia offre aux jeunes du monde entier « six meilleurs emplois du monde ». Une stratégie marketing pour stimuler le tourisme qui semble déjà éculée.

Ces six « emplois » sont situés dans autant d’États de l'île : gardien de parc naturel sur les plages sauvages du Queensland ; photographe « lifestyle » dans les quartiers chics de Melbourne ; « chief funster » (blogueur VIP) de la vie nocturne et des spectacles du New South Wales (notamment à Sydney) ; « taste master » dans les meilleurs restaurants, bars et vignobles de l'Australie occidentale ; « soigneur » de kangourous, de phoques et de dauphins du Sud ; « aventurier » dans le Northern Territory, l’État le plus sauvage du pays. Les candidats ont jusqu'au 10 avril pour postuler sur le site bestjobs.australia.com.

Les lauréats recevront 100 000$ pour six mois. Leur travail, dans les faits, consiste à produire des textes, photos et vidéos à des fins promotionnelles.

La première édition de ce concours, en 2009, a attiré près de 35 000 candidats de 200 pays pour un seul « job de rêve » : gardien de la très paradisiaque île d'Hamilton, sur la Grande barrière de corail, dans l’État du Queensland. Selon l'Office de tourisme de l'État, la campagne a fait bondir les réservations de 15 à 20%.

« En 2009, c’était la première campagne touristique virale sur les médias sociaux », rappelle Paul Arseneault, professeur et titulaire de la Chaire de tourisme Transat à l’Université du Québec à Montréal. « Cette campagne a frappé l’imaginaire. Elle a eu un impact non seulement sur le nombre de touristes en Australie, mais aussi sur la notoriété du pays. À cet égard, c’était très réussi. »

Tourism Australia ressert la même recette cette année. « Embaucher des blogueurs, c’est une formule déjà connue, poursuit Paul Arseneault. Je ne suis pas convaincu que ça va fonctionner en 2013, avec le même impact, le même effet de nouveauté, les mêmes retombées touristiques pour l’Australie. »

Trop beau pour être vrai

Le grand gagnant du concours en 2009, le Britannique Ben Southall, a plus tard confié que son séjour sur l'île d'Hamilton n’a pas eu que de bons côtés. Il a pu satisfaire sa passion pour le plein air, mais ses journées étaient trop remplies : il devait animer quotidiennement un blogue, réaliser de nombreux reportages vidéo, participer à des émissions de télévision. Son titre d’emploi a changé en cours de route : de gardien, il est devenu « ambassadeur touristique ». Et la santé-sécurité au travail laissait à désirer : peu après son arrivée sur l’île, il a été piqué par une méduse venimeuse… La blessure aurait pu être mortelle.