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Les petites entreprises devraient se franciser

TVA Nouvelles

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI

 

Québec doit forcer les entreprises de 25 à 49 employés à se franciser pour freiner le recul du français comme langue de travail, estime le Conseil supérieur de la langue française (CSLF).

L’avis du CSLF, qui contient 27recommandations, souligne que seulement 32 % des travailleurs montréalais en entreprise privée «travaillent généralement en français», une chute de près de 10 % en 10 ans.

L’organisme rapporte que 40 % des entreprises de 10 à 50 employés situées à Montréal exigent obligatoirement la connaissance de l’anglais, peu importe le poste, selon une étude de 2008.

«C’est énorme, on voit qu’il y a de l’ignorance», a-t-il dénoncé Robert Vézina, le président du CSLF.

Ignorance

«On a l’impression qu’il y a une sorte de laisser-aller et de négligence vis-à-vis l’importance d’utiliser le français en milieu de travail, a ajouté M. Vézina. Lorsqu’on travaille dans un secteur qui n’est soumis à aucun effort de francisation systématique et encadrée, on se rend compte qu’il y a de l’ignorance».

La question de la langue du travail est la «préoccupation principale» du CSLF. Il note d’ailleurs «une convergence frappante» entre son organisme et les éléments du projet de la nouvelle loi 101 du gouvernement Marois.

Le projet de loi de la ministre Diane De Courcy prévoit étendre la loi 101 aux entreprises de 26 à 49 employés. Elles devront s’assurer que le français est bien «la langue normale et habituelle dans leur milieu de travail».

Coercition

L’organisme argue que le processus de francisation systématique, encadré par l’Office québécois de la langue française, n’est pas que «coercitif».

«Il faut surtout voir l’aspect information, accompagnement et sensibilisation», a lancé M. Vézina.

«Nous insistons sur le processus allégé et souple, a-t-il ajouté. Nous savons que les entreprises ont des moyens relativement limités, mais nous croyons qu’elles peuvent faire quelque chose de constructif.»

Le Conseil supérieur de la langue française milite aussi pour soumettre les entreprises de compétence fédérale, comme les banques, à la loi 101 et souhaite que les collèges anglophones fassent plus de place au français.