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Assurance-emploi: les travailleurs saisonniers ne sont pas les seuls touchés

TVA Nouvelles

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  Les changements à l'assurance-emploi apportés par le gouvernement Harper auront d'importants impacts chez les travailleurs saisonniers. On a beaucoup parlé des pêcheurs, mais plusieurs autres métiers risquent d'être affectés, comme ceux du domaine de la construction et même de l'enseignement.

Pierre-Olivier, employé de la construction de Montréal, a terminé sa dernière journée de travail mercredi. Mais cette journée a un goût amer. Il se considère une des victimes des changements à l'assurance-emploi.

«Moi, ça m'inquiète, mais c'est de voir aussi sur les "jobs", sur les chantiers, tout le monde ne parle que de ça, comme c'est là», a-t-il expliqué.

Dès mardi, il commencera sa recherche d'emploi et pourrait devoir accepter un travail dans un autre domaine à un salaire moindre, et ce, dans un rayon de 100 kilomètres.

«Quand on est sur le chômage, des fois, on est un peu stigmatisé dans ça, mais en quelque sorte, c'est ça qui fait que bien des gens réussissent à arriver et la précarité que ça nous impose, cette réforme-là, c'est difficile», a ajouté Pierre-Olivier.

C'est pour ce genre de cas que la CSN a entrepris une vaste mobilisation.

«C'est l'ensemble des travailleuses et des travailleurs qui doivent se sentir interpellés par cette réforme-là, qui est tout à fait odieuse, parce que ça va toucher tout le monde qui est à contrat, qu'on soit dans un centre urbain ou dans des régions en train de faire du travail saisonnier, tout le monde va être affecté par ça», a affirmé Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

Plusieurs métiers sont touchés par cette réforme: les travailleurs saisonniers, bien sûr, ceux qui vivent du tourisme, mais également, les chargés de cours de nos universités.

Raphaël Crevier, chargé de cours à l'UQAM, est l'un d'entre eux. Il est parfois prestataire d'assurance-emploi lorsque la session d'hiver se termine.

«Tu es en début de carrière, tu es en formation encore et tu espères devenir professeur d'université, ça rend surtout les choses compliquées», a dit M. Crevier qui se questionne aussi sur les emplois qu'il devra accepter.

«Si j'ai une “job” d'emballeur dans un IGA il faut que je la prenne même si elle est à Saint-Hyacinthe et que moi, j'habite et j'enseigne à Montréal, a-t-il conclu. Je suis obligé de la prendre.»

Ottawa justifie ces changements en affirmant qu'ils ont pour but d'assurer une souplesse au régime et un soutien aux chercheurs d'emplois.